Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Au fil des ans, Israël a pris pour cible de nombreux hauts responsables du Hezbollah, en créant temporairement un vide entre les dirigeants militaires et politiques de l’organisation. Ces dirigeants, qui ont gravi les échelons du Hezbollah après avoir participé aux précédents conflits du Moyen-Orient, ont joué un rôle essentiel dans l’élaboration de la stratégie militaire moderne du Hezbollah. Cependant, la résilience du groupe réside dans sa capacité à renouveler son leadership, en faisant preuve d’adaptabilité malgré des pertes importantes. Israël ayant désormais épuisé sa liste de figures cruciales du Hezbollah et d’entrepôts militaires, une nouvelle génération de chefs militaires, moins connue, a pris la direction des opérations. Ces combattants apportent leur expérience et l’expertise qu’ils ont accumulées, notamment grâce à leur participation à l’opération « Déluge d’Al-Aqsa ».
Après une série de chocs à la suite d’intenses opérations israéliennes, le Hezbollah a pris l’initiative en adoptant une stratégie de dissuasion cumulative. Cette approche comprenait une série d’opérations percutantes contre les forces d’occupation israéliennes dans le sud du Liban. En conséquence, le chef d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, qui s’était précédemment opposé à toute forme de cessez-le-feu avec le Hezbollah, a déclaré qu’« Israël avait atteint ses objectifs au Liban ».
Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a ajouté que « les objectifs de la guerre peuvent être atteints non seulement par des moyens militaires », ce qui suggère une diminution de l’intérêt pour l’invasion coûteuse du Liban. Gallant a déclaré : « Le Hamas ne fonctionne plus en tant que réseau militaire à Gaza, et le haut commandement du Hezbollah ainsi que la plupart de ses capacités en matière de roquettes et de missiles ont été détruits ». Il a ajouté que les deux groupes ne formaient plus « plus un outil efficace » pour l’Iran, ce qui laisse présager une évolution vers une solution non militaire qui pourrait épargner à Israël de nouveaux revers le long de la frontière libanaise, longue de 100 kilomètres. Pourtant, ni Halevi ni Gallant ne détiennent le pouvoir décisionnel ultime, qui appartient au premier ministre Benjamin Netanyahou qui a contredit leurs déclarations à plusieurs reprises.
En termes de stratégie militaire, l’armée israélienne a d’abord semblé atteindre ses objectifs : dégrader une partie de l’arsenal du Hezbollah, assassiner son secrétaire général, Sayyed Hassan Nasrallah, éliminer des hauts dirigeants du Conseil djihadiste et imposer la mise en application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU. Avec ces résultats, Israël aurait pu crier victoire, car un cessez-le-feu aurait pu encourager les colons israéliens à retourner dans leurs domiciles dans le nord d’Israël. Le premier ministre israélien aurait ainsi pu, à juste titre, déclarer victoire et mettre fin au conflit sans donner aux forces terrestres du Hezbollah l’occasion de démontrer leurs capacités sur le champ de bataille. Cette erreur de calcul s’est toutefois traduite par une maladresse stratégique que Netanyahou n’a pas remarquée.
Le premier ministre israélien croyait que le Hezbollah avait été vaincu de manière décisive et
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