Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
L’incapacité d’Israël à remporter une victoire stratégique après six mois de conflit, qui contraste avec ses succès historiques depuis 1967, a d’importantes répercussions sur la société, notamment en diminuant sa confiance dans les capacités de sa force militaire redoutablement équipée. Si la puissance destructrice de l’armée a été démontrée, notamment dans ses actions criminelles aveugles contre les Palestiniens, elle ne suffit pas à inspirer confiance et sécurité à une société anxieuse à l’idée de retourner dans les zones proches des frontières de Gaza et du Liban. Cette anxiété découle des conséquences non résolues du conflit le plus long qu’ait connu Israël, malgré le soutien substantiel de puissants alliés sous la forme d’un appui terrestre, aérien et en matière de renseignement, d’un approvisionnement régulier en munitions et d’une caution internationale. Sauf que le bilan économique d’Israël est désastreux, ses pertes ayant atteint 56 milliards de dollars en six mois seulement, une hémorragie financière qui ne montre aucun signe d’apaisement tant que la guerre se poursuivra. En l’absence de sécurité et de stabilité économique, c’est le tissu même de la société qui menace de s’effilocher.
Dans le cadre d’une réorientation tactique, Israël a opté pour un retrait partiel de Gaza tout en maintenant ses opérations militaires après l’échec des négociations dû à la réticence du premier ministre Benjamin Netanyahou à cesser totalement les hostilités et à faciliter le retour de toutes les personnes déplacées dans le nord de Gaza. La réduction des activités militaires sur le front sud ne signifie pas la démobilisation des 300 000 réservistes. Ces réservistes sont essentiels pour l’économie et les secteurs productifs du pays, qui ont été gravement perturbés par la mobilisation militaire en cours le long de la frontière libanaise avec le Hezbollah, que l’absence d’une stratégie définitive pour l’avenir a aggravé.
Les investissements dans les secteurs essentiels chutent dans le cadre du conflit en cours.
Les incidences économiques sont également mises en évidence par une baisse de 18 % des exportations, ce qui a considérablement ralenti l’activité commerciale. Ce ralentissement a été exacerbé par la fermeture par le Yémen de la route de la mer Rouge à la navigation et au commerce israéliens jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu complet soit déclaré et que le siège de Gaza soit levé.
L’économie israélienne est confrontée à un ralentissement majeur, les investissements en actifs fixes ayant chuté de 67 %, ce qui compromet gravement le cadre économique à long terme. En particulier, la confiance dans l’écosystème des startups s’est effondrée, comme en témoigne la chute de 75 % du nombre de nouvelles entreprises en démarrage. Cette crise de confiance est principalement attribuée aux résultats peu convaincants de la guerre stratégique déclarée par les responsables du gouvernement israélien, qui n’ont pas réussi à rassurer les secteurs productifs et innovants du pays quant à l’atténuation des menaces provenant de Gaza et du Liban. Cette incertitude a entraîné une fuite des cerveaux : des milliers de jeunes professionnels partent à l’étranger, en particulier dans le secteur de la haute technologie, qui emploie 16 % de la main-d’œuvre israélienne et qui représente la moitié des exportations israéliennes.Le secteur de la construction perd également plus de 2,7 milliards de dollars par mois. Ce ralentissement est directement lié aux politiques du ministre de la Défense extrémiste, Itamar Ben Gvir, qui a interdit aux travailleurs palestiniens de Cisjordanie de travailler dans les villes israéliennes. L’objectif plus global de punir les Palestiniens et de les remplacer par des
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