Par Elijah J. Magnier :
Traduction : Daniel G.
Les chars israéliens ont avancé dans les villages frontaliers du Sud-Liban de Kafarkela et Adayseh, ce qui marque le début de l’invasion terrestre d’Israël au Liban. Pour la première fois depuis 2006, la Division 91 s’est déplacée au-delà de la frontière, exposant les chars israéliens à des attaques plus directes de la part des forces du Hezbollah. Sur un terrain hostile comme le Sud-Liban, les tactiques défensives et l’arsenal du Hezbollah, y compris les missiles antichars, représentent tout un défi pour les forces israéliennes qui avancent. Désormais pleinement engagé, le champ de bataille décidera probablement de l’issue de cette confrontation militaire.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a considérablement intensifié les tensions avec le Liban, en avertissant la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) de se retirer des zones frontalières. La FINUL, créée en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, surveille le cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël depuis 2006. Malgré la demande de Netanyahou de retirer les soldats de la paix de l’ONU, le Conseil de sécurité l’a rejetée à l’unanimité, insistant pour qu’ils restent en place. Les pressions exercées par Netanyahou pour supprimer la FINUL révèlent l’ambition stratégique d’Israël d’éliminer tout obstacle international alors qu’il se prépare à adopter une position plus agressive à l’égard du Hezbollah.
L’armée israélienne a déjà pris des mesures provocatrices, en blessant plusieurs soldats de la paix de la FINUL en octobre 2024 et pénétrant dans les zones contrôlées qu’elle contrôle à Naqoura et Marwaheen. Ces violations font partie d’un plan plus large d’Israël visant à établir une zone tampon de 5 km de large et de 100 km de long dans le sud du Liban, d’une superficie totale de 500 kilomètres carrés. Cette zone servirait de défense contre le Hezbollah, mais elle pose également des défis importants en raison de la topographie problématique du Sud-Liban, qui favorise les tactiques de guérilla du Hezbollah. Le contraste est saisissant avec la bande de Gaza, une zone beaucoup plus petite (364 km2) à la géographie plus simple. Israël a eu du mal à contrôler totalement la bande de Gaza, où la résistance palestinienne ne dispose pas des capacités avancées du Hezbollah en matière de missiles et de drones.
L’envoyé spécial américain Amos Hochstein a souligné la nécessité de mettre pleinement en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité, faisant allusion à une modification possible de la résolution ou à un nouveau mécanisme pour l’appliquer de manière plus efficace. Cela pourrait comprendre l’introduction d’une résolution révisée ou nouvelle pour tenir compte des réalités actuelles sur le terrain. Toutefois, cette suggestion intervient à un moment où le Hezbollah, qui fait partie de l’Axe de la Résistance, refuse de négocier alors qu’il est sous le feu de l’ennemi, ce qui témoigne d’une résistance à toute initiative diplomatique prise sous la pression du conflit en cours.
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