Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Depuis sa reconnaissance par les Nations unies en 1948, Israël n’a jamais été confronté à des tirs de missiles d’une telle intensité, ni vu la moitié de ses huit millions de colons-citoyens se précipiter dans des abris. Dans une tournure des événements historique, la capitale économique d’Israël, Tel-Aviv, a été bombardée trois fois par 17 missiles en une seule journée. Cette escalade sans précédent fait suite au bombardement israélien de Beyrouth, qui a fait des dizaines de morts et de blessés parmi les civils, alors qu’aucun commandant militaire du Hezbollah ne se trouvait dans le bâtiment ciblé. Le Hezbollah a saisi cette occasion pour imposer ses règles de dissuasion définies par son secrétaire général, le cheikh Naim Qassem. Le groupe a ainsi lancé des frappes soutenues de missiles et de drones contre Israël, démontrant ainsi sa capacité à imposer une équation de dissuasion conçue pour ébranler la conscience israélienne et exposer sa puissance montante. Le Hezbollah continue de saper les efforts visant son « élimination », tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Liban.
En 1992, Israël a assassiné Sayyed Abbas al-Moussawi, ouvrant ainsi la voie à l’accession de Sayyed Hassan Nasrallah au poste de secrétaire général du Hezbollah. Israël a profondément regretté cette décision, car Nasrallah a non seulement apporté son expertise militaire et psychologique à la résistance, mais il a également acquis une profonde compréhension de la psyché israélienne. Le leadership de Sayyed Nasrallah a été marqué par un équilibre stratégique, même pendant les périodes de conflit intense, évitant les provocations susceptibles d’entraîner Israël dans une guerre généralisée due à des décisions impulsives ou insensées.
Cette retenue calculée était évidente lorsque le Hezbollah s’est abstenu de riposter directement contre le cœur de Tel-Aviv après l’assassinat de Saleh al-Arouri dans la banlieue de Beyrouth et du commandant en chef Fouad Shukr. Sayyed Nasrallah a maintenu son approche stratégique, conscient du fait qu’une frappe immédiate sur le centre économique de Tel-Aviv pourrait provoquer une escalade incontrôlable. Selon des personnes proches des discussions internes du Hezbollah, les réponses mesurées de Sayyed Nasrallah faisaient partie d’une stratégie plus globale consistant à prévoir les réactions d’Israël et à maintenir l’avantage sans pousser le conflit jusqu’à la guerre totale.
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