Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou affirme qu’Israël est engagé dans une guerre sur plusieurs fronts, qui dépasse le Hamas à Gaza et en Cisjordanie, en présentant le conflit comme une lutte plus globale contre un « axe de la terreur » dirigé par l’Iran. Selon ce discours, Israël est confronté à des menaces simultanées provenant du Liban, de la Syrie, de l’Irak, du Yémen et de l’Iran lui-même. Toutefois, si cette affirmation sert des objectifs stratégiques et de politique intérieure, la réalité des conflits actifs raconte une autre histoire.
Malgré l’insistance de Netanyahou à mener une « guerre sur sept fronts », tous ces fronts ne font pas l’objet d’un conflit militaire direct. Le fait que Netanyahou présente le conflit comme une guerre régionale de grande envergure semble relever davantage d’une stratégie politique que d’une évaluation militaire précise. Elle sert à rallier le soutien intérieur, à justifier l’extension des opérations militaires et à maintenir l’appui international.
Les pertes humaines
Au 3 février 2025, le bureau des médias du gouvernement de Gaza faisait état de 61 709 morts depuis le début du conflit, un chiffre qui inclut plus de 14 000 personnes disparues et présumées mortes sous les décombres, ainsi que de 111 981 blessés. Cette estimation est conforme aux rapports antérieurs du ministère de la Santé de Gaza, qui a confirmé au moins 48 543 décès. En outre, une étude publiée dans The Lancet en janvier 2025 suggère que le nombre réel de décès dus à des lésions traumatiques pourrait dépasser les 70 000, ce qui implique que les chiffres précédents pourraient avoir été sous-estimés. Ces divergences révèlent l’énorme difficulté que représente l’évaluation précise de l’étendue des pertes dans les zones de conflit, en particulier en ce qui concerne les personnes disparues, ainsi que les limites de la collecte de données dans un contexte d’hostilité permanente.
L’évaluation du nombre de victimes du ôté israélien a été affinée en décembre 2023, à l’aide des données des registres de la sécurité sociale israélienne. Le nombre total de victimes de l’attaque du 7 octobre s’élève à 1 139, dont 695 civils, parmi lesquels 36 mineurs et 71 étrangers, et 373 membres des forces de sécurité israéliennes. Parmi les civils israéliens, des rapports indiquent que les troupes israéliennes ont tiré sur des véhicules censés transporter des otages, ce qui suggère que des dizaines de civils israéliens ont probablement été tués ce jour-là par leur propre armée, conformément à la directive Hannibal. Le nombre exact de soldats et de civils israéliens tués à la suite de ces actions reste incertain, car des enquêtes complètes que Netanyahou fait retarder n’ont pas encore été menées ou rendues publiques.
Netanyahou s’efforce activement d’éviter les enquêtes et l’obligation de rendre des comptes, de retarder les élections et de maintenir la cohésion de sa coalition d’extrême droite. Son objectif n’est pas seulement d’assurer la poursuite de l’aide militaire internationale et américaine et du soutien politique, mais aussi de maintenir un état psychologique de peur et d’unité nationale qui permettra aux Israéliens de rester mobilisés pour la guerre. Le contrôle qu’il exerce sur les médias israéliens garantit qu’une grande partie du public israélien n’entend que sa version des faits.
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