Par Elijah J. Magnier –
Les États-Unis ne cherchent pas le désarmement complet du Hezbollah. Leur objectif est bien plus spécifique — et stratégique : éliminer les missiles guidés de précision et les drones du Hezbollah, les seules armes capables de représenter une menace crédible contre les infrastructures militaires et civiles israéliennes. Il ne s’agit pas de neutraliser l’organisation dans son ensemble, mais de démanteler sélectivement la partie de son arsenal susceptible de modifier l’équilibre régional des forces.
Cette politique n’est pas nouvelle, mais elle devient plus explicite à mesure que les tensions s’accentuent au Moyen-Orient. La dernière initiative diplomatique, menée par l’envoyé américain Thomas Barak — actuellement ambassadeur en Turquie et interlocuteur non officiel de Washington pour le Liban et la Syrie — vise à faire pression sur les responsables libanais afin de restreindre et, à terme, de démanteler les capacités militaires du Hezbollah. Dans une déclaration jugée provocante, Barak a évoqué non seulement le risque d’une nouvelle guerre civile au Liban, mais aussi l’intégration possible du pays dans un ensemble régional plus vaste, le « Bilad al-Cham ». Pour beaucoup, il ne s’agit pas d’un avertissement mais d’une menace politique voilée, soulignant la volonté de Washington d’exploiter la fragilité libanaise à des fins stratégiques.
Les États-Unis ne souhaitent pas le chaos au Liban, mais sont prêts à tolérer une certaine instabilité si cela affaiblit stratégiquement le Hezbollah. La ligne rouge, ce sont les drones et les missiles de précision. Ces armes sont les seules capables de frapper en profondeur le territoire israélien, de contourner les systèmes de défense antimissile, et de changer le coût politique et militaire d’une confrontation. Les éliminer ne neutraliserait pas le Hezbollah, mais supprimerait sa capacité de dissuasion.
Pendant que les discussions diplomatiques se poursuivent, un discours plus dangereux prend forme sur le terrain au Liban. Samir Geagea, chef des Forces libanaises (FL) et allié de longue date des États-Unis, emploie de plus en plus une rhétorique militarisée. Ces derniers mois, lui et ses cadres ont revendiqué publiquement la préparation militaire de leur parti. Ibrahim El-Sakr, figure de proue des FL, a déclaré que « 15 000 combattants » étaient déjà présents à Zahlé et Deir Al-Ahmar, ajoutant que les FL pouvaient mobiliser jusqu’à « 50 000 combattants si nécessaire », avant de conclure par le refrain habituel : « Dieu nous en garde. » En juillet, le député Pierre Bou Assi a réaffirmé ce message : « Plus de 15 000 membres des Forces libanaises sont fièrement prêts à défendre le Liban en cas d’effondrement de l’État. » Ces déclarations ne sont pas anodines.
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