Par Elijah J. Magnier
Donald Trump a confié les négociations sur l’Iran et Gaza à Steve Witkoff et Jared Kushner, partant du principe que des négociateurs ayant sa confiance pourraient réussir là où la diplomatie conventionnelle avait rencontré des difficultés. Leur bilan doit être évalué au regard des exigences propres aux dossiers qui leur ont été confiés : comprendre l’interlocuteur, interpréter correctement les propositions, obtenir des engagements réciproques et veiller à ce que les accords modifient les conditions sur le terrain. Cependant, l’expérience commerciale ne démontre une compétence dans aucun de ces domaines. Un parcours dans les affaires peut apporter des aptitudes au marchandage, mais la diplomatie interculturelle exige une compréhension distincte des institutions politiques, des griefs historiques, de la souveraineté et du sens que chaque partie attribue aux concessions. Les négociations nucléaires nécessitent des connaissances techniques supplémentaires. Ni la richesse ni la proximité avec le président ne les procurent.
L’enjeu est considérable, car l’interprétation d’un émissaire peut déterminer si un président considère une proposition comme négociable ou conclut qu’une action militaire est nécessaire. Le récit de Witkoff concernant les négociations nucléaires iraniennes en fournit un exemple précis. En mars, il a déclaré que les négociateurs iraniens avaient reconnu posséder une quantité d’uranium enrichi potentiellement suffisante pour fabriquer onze bombes nucléaires. Il s’agissait de sa présentation publique de leur position, et non d’une preuve indépendante d’une décision iranienne de fabriquer ces armes.
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