Par Elijah J. Magnier
Les préparatifs de Washington en vue de nouvelles attaques contre l’Iran ne doivent pas être évalués uniquement à travers la vulnérabilité des bases américaines et des infrastructures du Golfe. La riposte iranienne viserait Israël dès le départ, que ses avions participent ou non aux premières frappes. La guerre prendrait immédiatement une dimension plus large. Téhéran ne limiterait pas sa réponse aux installations militaires ou aux intérêts économiques américains dans les pays voisins, ni aux infrastructures énergétiques, portuaires et aéroportuaires. Le scénario examiné ici prévoit des frappes concentrées contre plusieurs villes israéliennes successivement, une ville à la fois, afin qu’Israël subisse directement les conséquences destructrices du conflit, aux côtés de Washington. La séquence précise des cibles demeure confidentielle ; l’enjeu stratégique est de refuser de traiter l’intervention américaine comme une opération isolée.
L’Iran aborderait également la prochaine confrontation avec des partenaires moyen-orientaux dont les calculs concernent de plus en plus leur propre survie. Selon des sources connaissant la position du Hezbollah, l’organisation participera si la guerre contre l’Iran reprend. Il en ira de même pour les groupes de la résistance irakienne, qui rejoindront sans hésitation la prochaine guerre.
Ces développements soulèvent ensemble une question dépassant la capacité de Washington à infliger davantage de dommages à l’Iran. Une nouvelle offensive pourrait-elle relier plusieurs conflits que les négociations précédentes avaient tenté de traiter séparément ? Le danger est que les pressions destinées à isoler Téhéran convainquent au contraire ses partenaires qu’une lutte commune offre davantage de protection que l’attente de confrontations successives.
Le Hezbollah et le danger de l’isolement
Pour le Hezbollah, la participation dépasse la solidarité avec l’Iran. Une campagne détruisant les installations énergétiques et les infrastructures iraniennes affaiblirait une source essentielle de soutien tout en réduisant la capacité de Téhéran à se relever. Selon le calcul du Hezbollah, une telle issue le rendrait plus vulnérable à la phase suivante des pressions militaires israéliennes.
Israël pourrait alors chercher à progresser davantage dans le sud du Liban, à occuper de nouveaux territoires et à exploiter l’affaiblissement du soutien stratégique au Hezbollah. Une avancée au-delà des positions actuelles constitue un risque, plutôt qu’une décision déjà arrêtée. Cette perspective explique néanmoins pourquoi le Hezbollah ne considère pas sa non-participation à la guerre contre l’Iran comme une garantie fiable de sécurité.
Le proverbe arabe exprime ce calcul : « J’ai été dévoré le jour où le taureau blanc a été dévoré. » Trois taureaux survivent grâce à leur unité, jusqu’à ce qu’un lion les persuade de s’abandonner les uns les autres. Se retrouvant seul face à la mort, le dernier comprend que le premier abandon avait détruit la protection dont dépendait sa propre survie.
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