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Chaleur douce, enjeux élevés : Une nouvelle guerre hybride entre Israël et l’Iran est-elle imminente?

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Par Elijah J. Magnier –

La perspective d’une confrontation renouvelée entre Israël et l’Iran n’est plus hypothétique : elle s’exprime désormais de façon de plus en plus explicite dans la rhétorique des responsables politiques et militaires. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a récemment déclaré que l’Iran « possède 400 kg d’uranium enrichi à 60 % intacts », tout en affirmant qu’Israël se réservait le droit de « détruire les capacités nucléaires militaires de l’Iran ». Cette déclaration a largement été interprétée comme un signal : la guerre de douze jours entre les deux adversaires—interrompue par un cessez-le-feu verbal et non par un accord formel—n’était pas un affrontement isolé mais le prélude à une escalade.

Du côté iranien, des sources proches des décideurs ont suggéré qu’Israël pourrait tenter de rallumer les hostilités si son renseignement, appuyé par les agences occidentales, parvenait à localiser et assassiner le Guide suprême, Sayyed Ali Khamenei. Elles ont noté que l’intervention rapide de Sayyed Khamenei durant le conflit de douze jours—nommant tous les commandants militaires dans les six heures suivant le déclenchement de la guerre—avait été décisive pour stabiliser le système et riposter face aux Israéliens et aux Américains.

Le ministre de la Défense Amir Nasirzadeh a reconnu que l’Iran avait exagéré certains aspects de ses capacités militaires avant le conflit, ce qui avait nourri une certaine confiance excessive au sein de la direction. Dans le même temps, il a insisté sur le fait que Téhéran avait délibérément retenu ses systèmes les plus avancés pendant les combats. « Nous possédons des missiles dotés d’ogives bien plus destructrices que celles utilisées lors de la guerre de 12 jours », a-t-il déclaré, évoquant les véhicules de rentrée manœuvrables conçus pour échapper aux défenses antimissiles ainsi que le Qasem Basir, présenté comme le système de missile le plus précis de l’Iran. Il a surtout souligné que les chaînes de production n’avaient jamais été interrompues au cours du conflit, projetant ainsi une image de résilience et de continuité sous bombardement.

Une évaluation parallèle a émergé du comité d’enquête interne du Hezbollah, qui a examiné les suites de la guerre de 66 jours menée par Israël contre le Liban. Ses conclusions ont également reconnu que la direction du Hezbollah avait surestimé sa capacité à imposer une dissuasion stratégique durable à Israël—en particulier à empêcher Tel-Aviv d’envisager une offensive majeure sur le long terme. Cette surestimation des capacités reflétait aussi une erreur de calcul partagée avec Téhéran : à la fois le Hezbollah et l’Iran ont sous-estimé l’ampleur de l’appareil de renseignement israélien, la profondeur de sa coopération avec les agences occidentales, ainsi que la vaste banque de cibles accumulée par Israël pendant des décennies. Ces facteurs, combinés à la détermination d’Israël à frapper au cœur du commandement du Hezbollah, de ses dépôts de missiles d’un côté, et à porter un coup décisif au programme balistique et aux infrastructures nucléaires de l’Iran de l’autre, ont exposé les limites du récit de dissuasion que Téhéran comme le Hezbollah tentaient de projeter. La leçon est claire : exagérer ses capacités risque non seulement de nourrir une fausse confiance interne, mais aussi d’inciter l’adversaire à exploiter les vulnérabilités, sapant ainsi la crédibilité même de la dissuasion.

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