Par Elijah J. Magnier
Lorsque les États Unis et Israël ont lancé leur assaut contre l’Iran le 28 février 2026, à Washington et à Tel Aviv, on ne s’attendait pas à une guerre longue. Le postulat était que la force écrasante, la supériorité technologique et l’effet de choc allaient rapidement briser les capacités militaires iraniennes, désorienter ses dirigeants et contraindre Téhéran à accepter des conditions qu’il rejetait depuis longtemps. Cette attente s’est désormais effondrée. Plus de cinq semaines après le début de la guerre, les États Unis ne parlent plus le langage d’une issue militaire nette, mais celui de l’ultimatum. Le président Donald Trump a fixé à l’Iran une échéance liée à la réouverture du détroit d’Ormuz et a menacé de détruire des ponts, des centrales électriques et des infrastructures plus larges si Téhéran ne se conforme pas. Ce glissement n’est pas un signe de confiance. C’est le signe que les objectifs initiaux de la guerre n’ont pas été atteints.
La guerre a infligé à l’Iran des destructions immenses, mais elle n’a produit ni effondrement politique, ni reddition, ni même une voie crédible vers l’un ou l’autre. Au contraire, elle a durci la détermination nationale, élargi le champ de bataille, déstabilisé les marchés mondiaux de l’énergie et révélé l’écart croissant entre ce que les assaillants peuvent détruire et ce qu’ils peuvent imposer politiquement. Même aujourd’hui, alors que des menaces d’escalade pèsent sur les infrastructures civiles, Téhéran ne montre aucun signe de capitulation. Pour l’Iran, il ne s’agit pas d’une campagne discrétionnaire. C’est une guerre existentielle, et c’est précisément pourquoi le conflit est entré dans sa phase la plus dangereuse : non pas la percée, mais l’impasse. C’est le premier signe d’un échec stratégique : lorsque les objectifs commencent à se réduire et à se déplacer parce que les objectifs initiaux n’ont pas été atteints.
L’ultimatum de Trump rend cet échec plus difficile à dissimuler. Une campagne qui avait commencé sous la bannière de la neutralisation d’une menace militaire menace désormais ouvertement de détruire des ponts, la production d’électricité et l’infrastructure plus large dont dépend la vie civile. Ce n’est pas le langage d’un camp qui approche d’un succès stratégique défini. C’est le langage de la coercition venant combler le vide laissé par une victoire décisive qui ne s’est pas matérialisée. L’échéance était liée au détroit d’Ormuz, et la menace a immédiatement eu des répercussions sur les marchés et sur les canaux de médiation à travers toute la région. Même avec Donald Trump menaçant de frapper les ponts iraniens, ses centrales électriques et ses infrastructures plus larges, tout en laissant entendre qu’il pourrait employer des armes « jamais utilisées auparavant », Téhéran ne peut pas se rendre et se prépare à absorber davantage de risques plutôt qu’à se soumettre.
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