Par Elijah J. Magnier
Pendant près de seize ans, Benjamin Netanyahou a construit une grande partie de son identité politique autour d’une promesse centrale : Israël pouvait arrêter l’Iran, détruire son programme nucléaire et, si nécessaire, contribuer à faire tomber la République islamique elle-même. De la tribune des Nations unies au Congrès américain, des interviews télévisées aux briefings militaires, Netanyahou a constamment présenté l’Iran comme une menace existentielle qu’Israël était prêt et capable d’affronter, même seul si nécessaire. Les mises en scène théâtrales de Netanyahou autour de l’infiltration de l’appareil sécuritaire iranien, de l’identification et de l’assassinat de scientifiques nucléaires et de hauts commandants, ainsi que les cyberattaques contre plusieurs installations iraniennes, ont créé une illusion sur les capacités israéliennes. Il croyait pouvoir tout faire en Iran. Cette conviction a aveuglé le président Donald Trump ainsi que Netanyahu lui-même, leur donnant une fausse impression de ce qu’ils pouvaient réellement accomplir. Trump ne comprend pas que les assassinats ciblés n’imposent ni la dissuasion ni la chute d’un système dirigeant. Il s’agit souvent d’un simple acte théâtral, en particulier face à des acteurs idéologiques étatiques ou non étatiques. De plus, la longue expérience des États-Unis en matière de changement de régime a offert à Netanyahu une garantie psychologique que son avenir politique pouvait être assuré sur les ruines de la Perse.
Aujourd’hui, après la confrontation la plus directe et la plus destructrice jamais menée entre Israël, les États-Unis et l’Iran, ce récit s’est heurté à la réalité. La guerre a démontré quelque chose que Netanyahou a passé des années à nier : Israël ne peut pas détruire le programme nucléaire iranien. Plus important encore, même avec le soutien direct des États-Unis, ni Israël ni Washington n’ont été capables de forcer l’Iran à l’effondrement, à la capitulation ou au changement de régime. L’Iran a absorbé l’assaut, riposté à travers toute la région, perturbé le commerce maritime, imposé des coûts économiques et survécu politiquement. Les États-Unis et Israël ont mené une guerre de quarante jours contre l’Iran, mais négocient depuis plus de quarante-cinq jours pour convaincre Téhéran d’abandonner son uranium enrichi à 60 %, et non les connaissances nucléaires que l’Iran a acquises.
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