
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou sera accueilli par le Congrès américain et le président Joe Biden, qui vient d’annoncer son retrait de la course à la présidence. Netanyahou devrait prononcer un discours pour obtenir des applaudissements qui seront vus et entendus dans la société israélienne, tout en démontrant sa capacité à influencer les USA et à se soustraire à ses directives lorsqu’elles sont incompatibles avec l’intérêt national d’Israël. Netanyahou veut se présenter comme un chef d’État digne de rester au pouvoir malgré les échecs du 7 octobre, dont il nie être responsable, même s’il en porte la responsabilité à titre de commandant des forces armées et de la sécurité. Sa rencontre avec Biden, bien qu’essentiellement protocolaire, demeure importante, car le président actuel restera en fonction pendant encore six mois, une période particulièrement cruciale pour l’avenir d’Israël et du Moyen-Orient.
Le principal objectif de Netanyahou pendant ses prochaines réunions et son discours devant le Congrès est de susciter l’enthousiasme et d’obtenir un soutien total, afin de s’assurer que les USA soient derrière lui si le conflit actuel dégénère en une guerre plus étendue. Netanyahou ne montre aucune intention sincère d’accepter un cessez-le-feu avec le Hamas, sauf dans des conditions impossibles que la Résistance palestinienne ne peut accepter.
Avant de partir pour Washington, Netanyahou a annoncé qu’il avait demandé à la délégation israélienne chargée des négociations de se préparer à une réunion jeudi avec les délégations qatarie, égyptienne et américaine afin de relancer les pourparlers. Cette date coïncide avec le dernier jour de la session parlementaire à la Knesset avant ses vacances officielles jusqu’en octobre, ce qui garantit qu’il n’y aura pas d’obstacle politique à ses conditions de négociation.
Le calendrier et le contenu de ces négociations ont une importance capitale. Netanyahou a posé des conditions strictes, comme le maintien de la présence israélienne au point de passage de Netzarim (qui sépare le nord et le sud de la bande de Gaza) et au corridor de Philadelphie (qui sépare Gaza du point de passage de Rafah et de l’Égypte). Il s’est également engagé à poursuivre le combat jusqu’à ce que le dernier militant du Hamas soit tué ou se rende, et à maintenir la liberté d’action de Tsahal d’entrer à volonté dans Gaza, même si le Hamas respecte l’accord. Il appelle aussi à la libération (impossible) de tous les otages vivants dès la première phase.
Ces conditions vont à l’encontre des appels lancés par les responsables politiques israéliens en faveur d’un compromis pour mettre fin à la guerre. En outre, les chefs des services de sécurité, dont le commandant de l’armée Herzi Halevi et d’autres, exhortent Netanyahou à se retirer de la bande de Gaza, d’autant plus qu’il n’existe pas d’alternative viable pour la gouverner. L’un des alliés de Netanyahou au sein de son gouvernement d’extrême droite, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, a répondu ceci : « Les dirigeants de l’armée ne connaissent pas leurs limites.
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