Site icon Elijah J. Magnier

La Chine achète le pétrole iranien — pas les guerres de l’Iran

Advertisements

Pékin soutient Téhéran lorsque le prix à payer reste acceptable, mais la menace de sanctions américaines révèle les limites de leur partenariat inégal

Par Elijah J. Magnier –

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a placé la Chine au centre de l’intensification de la campagne économique menée par Washington contre l’Iran. Évoquant, le 6 septembre, du pétrole brut iranien qui aurait été acheminé vers la Chine, il a indiqué que de nouvelles mesures américaines pourraient suivre le 8 septembre. Au moment de la rédaction de cet article, leurs cibles précises n’avaient pas encore été annoncées. Ces mesures sont toutefois plus susceptibles de viser les raffineries, les banques, les compagnies maritimes ou les intermédiaires chinois impliqués dans les transactions pétrolières iraniennes que la Chine en tant qu’État.

Cette menace constitue néanmoins un test particulièrement révélateur : jusqu’où Pékin est-il disposé à assumer un risque économique et diplomatique pour préserver ce qui subsiste du commerce pétrolier iranien ?

La réponse permettra de déterminer la véritable nature de cette relation avec davantage de précision que les déclarations de solidarité stratégique. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Iran, son principal client pétrolier et son plus important soutien diplomatique au Conseil de sécurité des Nations unies. Pékin rejette les sanctions unilatérales américaines et affirme que son commerce avec Téhéran est légitime. Pourtant, la Chine n’a fourni aucune garantie de sécurité, n’a réalisé qu’une faible partie des investissements autrefois associés à l’accord de coopération de 25 ans entre les deux pays et s’est gardée de toute implication directe dans la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël.

Ces éléments ne prouvent pas que la Chine a abandonné l’Iran. Ils conduisent plutôt à une conclusion plus froide : Pékin considère Téhéran comme un partenaire stratégique utile, mais pas comme un allié pour la défense duquel il serait disposé à subordonner ses relations avec Washington, Moscou ou les États arabes du Golfe.

Subscribe to get access

Read more of this content when you subscribe today.

Exit mobile version