Pas un, mais deux avions de chasse israéliens ont été abattus en février : Israël ne laissera pas le ciel syrien en paix et Damas est prêt pour l’affrontement

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Par Elijah J. Magnier (à Damas)

Traduction : Daniel G.

Un officier de haut rang qui collabore avec l’armée syrienne croit que « c’est difficile pour l’armée de l’air israélienne de ne plus pouvoir survoler le ciel du Levant ». D’après la source, « en février dernier, un radar russe a révélé que deux avions de chasse israéliens ont été abattus le jour où la défense aérienne syrienne a tiré en direction d’un escadron des forces aériennes israéliennes qui violaient l’espace aérien syrien. Un avion s’est écrasé dans une zone résidentielle et l’autre dans la mer. Mais Tel-Aviv n’a reconnu la perte que d’un seul F-16 : il nie généralement les faits lorsqu’ils nuisent à son image ou qu’ils sont protégés par les paramètres de sa sécurité nationale ».

L’officier est convaincu d’une chose : « Israël n’acceptera pas les règles d’engagement imposées par Damas (lorsque son système de défense antiaérienne a abattu au moins un F-16 confirmé en février dernier). Par conséquent, un nouvel affrontement est à prévoir bientôt ».

Il est clair qu’Israël ne peut tolérer que la coalition Iran-Hezbollah-Assad remporte la victoire et impose ses règles d’engagement à Israël. L’Iran continue d’envoyer sa technologie la plus perfectionnée et des armes améliorées au Hezbollah pour qu’il puisse relever le défi en cas de guerre contre Israël. Mais les entrepôts du Hezbollah ont beau être pleins et disséminés tout au long de la frontière libano-syrienne de manière à diversifier les sources de sa puissance de feu contre Israël, il n’en demeure pas moins que la production et la capacité des missiles perfectionnés de l’Iran sont essentielles pour assurer la protection et la survie de son partenaire libanais et la défaite d’Israël en cas d’affrontement.

En février dernier, selon la source, Damas a employé une nouvelle tactique pour répondre à la violation de son espace aérien par les forces aériennes israéliennes : plus de 25 missiles ont été lancés simultanément pour que les avions de chasse ne puissent les éviter. L’objectif était de porter un coup contre l’armée de l’air israélienne et c’est ce qui s’est produit.

La Russie et la Syrie disposent d’un centre d’opérations militaires conjoint pour surveiller les batailles en cours en Syrie et tous les mouvements dans le ciel au-dessus de la Turquie, de l’Irak, des zones occupées par les USA au nord-est de la Syrie et d’Israël. Tout avion qui décolle des aéroports militaires israéliens est surveillé de près en temps réel, y compris les chasseurs furtifs F35, l’avion le plus perfectionné et le plus coûteux de la flotte aérienne israélienne (125/112 millions de dollars pièce, construits par Lockheed Martin).

Le corps des Marines américains a dévoilé la capacité opérationnelle initiale des F-35B en juillet 2015. L’armée de l’air israélienne en a d’abord reçu une quantité limitée en 2016, mais elle devrait en recevoir 50 d’ici 2024.

Bien qu’il soit conçu de façon à échapper aux écrans radars, il semble que la Russie soit capable de recueillir suffisamment de données pour suivre la trajectoire d’un F-35 survolant la Syrie. Les officiers russes en Syrie excluent l’utilisation de F-35 par Israël : « Puisque les systèmes de défense antiaériens sont prêts à répondre à toute violation de l’espace aérien de la Syrie, il devient trop risqué pour Israël de perdre un F-35, le joyau de l’armée de l’air américaine. »

Le chef de cabinet d’Israël Gadi Eisenkot a dit que « les forces aériennes israéliennes ne survolent plus la Syrie ». Mais il a lui-même contredit implicitement cette affirmation lors de la même entrevue en disant ceci : « Israël ne tolérera aucun développement de capacités qui menacent l’existence de l’État d’Israël… c’est le futur message à nos ennemis. »

Eisenkot croit que « le Hezbollah n’a pas encore de missiles de haute précision capables de frapper des objectifs directs en Israël, comme on l’a rapporté précédemment ».

Ce à quoi l’officier de haut rang répond : « Cette information montre le niveau de renseignement qu’Israël possède ou est prêt à divulguer pour obtenir un retour d’ascenseur, une rétroaction, une confirmation ou une contradiction que ses services du renseignement évalueront. D’après notre évaluation, le Hezbollah possédait déjà un nombre limité de missiles de haute précision en 2006 au Liban, mais ils n’ont pas été utilisés seulement parce qu’ils avaient mal évalué la réaction disproportionnée d’Israël à l’enlèvement des soldats israéliens (pour échanger leurs cadavres plus tard contre des prisonniers dans des prisons israéliennes).

Le groupe ne manquait pas de missiles de haute précision, mais il ne s’était pas préparé logistiquement pour les avoir à portée de main. Aujourd’hui, la situation est totalement différente. L’Iran semble fournir au Hezbollah des capacités avancées pour percer le Dôme de fer, la Fronde de David ou les systèmes antimissiles Patriot. Laissons Israël découvrir à ses dépens ce que possède le Hezbollah s’il provoque une troisième guerre. »

Israël veut revenir aux anciennes règles d’engagement et frapper tout camion du Hezbollah en direction du Liban ou les entrepôts utilisés par le Hezbollah se trouvant en Syrie avant le transport du matériel. Quant aux frappes israéliennes contre des cibles de l’armée syrienne, cette politique a perdu toute son utilité puisqu’aucun groupe djihadiste ou rebelle ne peut plus faire de différence significative en Syrie. La plupart des villes de Syrie (sauf Idlib au nord et celles occupées par les USA au nord-est) tombent les unes après les autres et la « Syrie utile » est en majeure partie sous le contrôle du gouvernement syrien.

Les provinces de Daraa et de Quneitra au sud sont les dernières positions significatives détenues par des partisans du groupe armé « État islamique » (Jaish Khaled Bin al-Waleed), al-Qaeda et quelques centaines de combattants de l’Armée syrienne libre. Israël n’a pas intérêt à perdre la face en cherchant à soutenir ces djihadistes, comme il l’a fait tout au long de la guerre syrienne, en voyant ses avions se faire abattre sans obtenir le moindre gain, le moindre résultat stratégique.

« Si Israël tire des missiles à longue portée contre l’armée syrienne, a affirmé l’officier, je crois que les dirigeants à Damas songent à rétorquer en lançant des missiles et des roquettes au-dessus des colonies israéliennes, afin de créer des règles d’engagement pour neutraliser toute violation du territoire syrien par Israël. La Syrie de 2018 n’est plus celle de 2011. Damas est désormais prêt à faire face à la musique ».

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