Les USA ont besoin d’un Iran fort : présents au Liban en 1983, les Gardiens de la révolution islamique sont aujourd’hui en Syrie

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Par Elijah J. Magnier:  @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

Les USA ont besoin d’un Iran fort dont ils se servent continuellement comme épouvantail pour faire peur aux pays du Moyen-Orient, principalement l’Arabie saoudite, les Émirats et le Bahreïn. L’objectif est de faire chanter ces pays du Golfe pour leur vendre des armes « Made in USA », transformant ainsi le Moyen-Orient en un vaste entrepôt d’armes américaines.

Des sources diplomatiques confirment que l’Iran n’a jamais déclaré la guerre à l’Arabie saoudite ou à quelque pays que ce soit au Moyen-Orient, à l’exception d’Israël. Tout le monde sait que c’est Israël qui prend l’initiative en ayant assassiné des physiciens nucléaires iraniens, en ayant violé les espaces aériens libanais et syriens et, tout récemment, en ayant bombardé le centre de commandement et de contrôle iranien à la base T4 (utilisée pour combattre les djihadistes), une attaque qui s’est soldée par la mort de sept officiers iraniens.

Depuis l’avènement de la Révolution islamique de 1979, l’establishment US a besoin d’un ennemi fantôme dont il se sert pour menacer les riches pays du Golfe. L’achat d’armes américaines par ces pays a des répercussions majeures sur l’économie des USA et leur procure une source importante de revenu. Tout cela repose sur la capacité de l’Iran d’être resté en dehors de l’orbite de la domination US depuis les quarante dernières années.

L’Iran joue de prudence dans ses échanges avec les communautés chiites vivant dans les pays du Golfe, en Arabie saoudite et au Bahreïn, par exemple. Téhéran sait très bien que toute forme d’appui à ces communautés risque d’entraîner des répercussions graves par les monarchies à l’encontre de leurs propres citoyens, sous le prétexte qu’ils sont soutenus par un pays étranger. L’Iran a été particulièrement vigilant dans ses échanges avec les sunnites en Irak, au Liban et en Palestine, car il sait que tout conflit entre sunnites et chiites serait dommageable pour l’ensemble du Moyen-Orient. Enfin, ni les chiites, ni les sunnites ne peuvent s’éliminer les uns les autres. Ils n’ont pas d’autre choix que de vivre ensemble dans une région à la fois multiethnique, multiconfessionnelle et laïque. Ce sont des raisons suffisantes pour empêcher l’Iran de s’en prendre à l’un ou l’autre de ses voisins. D’autant plus que le monde entier s’opposerait à toute offensive similaire qui pourrait être planifiée, y compris la Russie, l’alliée de l’Iran.

Pour sa part, Donald Trump dit aujourd’hui que « bien des pays du Moyen-Orient ne survivraient pas plus qu’une semaine sans la protection des USA ». Trump songe de toute évidence à son rôle à l’égard des pays du Golfe, à la fois amis et ennemis. À l’heure actuelle, le véritable danger provient des USA si ces pays riches refusent de céder au chantage de Trump. Le président des USA a été très honnête quand il a dit : « Je veux de l’argent, de l’argent et de l’argent. Les pays du Golfe ont plein d’argent et je veux cet argent ».

Dans ses échanges avec les pays du Golfe, Trump fait penser à un homme assoiffé qui boit de l’eau salée : plus il en boit, plus il en veut. Insatisfait malgré les dizaines de milliards de dollars de contrats d’armes conclus avec les pays du Golfe, Trump demande encore et toujours plus de soutien financier. Trump cherche ainsi désespérément à dépeindre l’Iran comme une source de menace continuelle, pour qu’il puisse poursuivre ses objectifs financiers insatiables.

Si nous prenons les excuses du président des USA concernant la Syrie, il a prétendu que ses forces sont présentes afin de bloquer l’expansion de l’Iran en Syrie et ses liens avec l’Irak. Cette affirmation est fausse, car dans les faits, c’est la première fois depuis 1979 que Téhéran est physiquement lié à Bagdad, Damas et Beyrouth par voie de terre depuis la libération d’Albou Kamal. Par conséquent, la présence des forces US en Syrie est loin de se justifier par la présence de l’Iran ou d’y être liée. Cependant, c’est une excuse suffisante pour siphonner plus d’argent de l’Arabie saoudite, des Émirats et peut-être aussi du Qatar, même si ces pays n’ont rien à y gagner.

Trump demande plus d’argent pour reconstruire la ville de Raqqa, que les forces US ont presque complètement détruite. Le président des USA force les pays arabes riches en pétrole de reconstruire l’infrastructure au nord-est de la Syrie, pour que les USA puissent prétendre qu’ils soutiennent la population locale. Les Arabes sont conscients que les USA et la France (dont les forces augmentent en nombre au nord de la Syrie) vont se retirer lorsqu’ils seront exposés aux attaques massives des insurgés locaux qui ne manqueront pas de combattre les forces occupantes, comme ce fut le cas au Liban dans les années 1980.

Les diplomates croient que les décisions américaines et israéliennes ainsi que les attitudes envers les Palestiniens jouent en faveur de l’Iran. Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël et les forces de Tel-Aviv tuent aveuglément des civils qui manifestent à Gaza. De plus, en mettant fin à leur soutien financier aux Palestiniens, les pays du Golfe poussent de nombreux groupes palestiniens dans les bras de l’Iran, qui demeure la seule source de soutien n’ayant jamais cessé au fil des ans. D’après les sources diplomatiques, Israël (qui s’est autoproclamé comme le seul pays démocratique du Moyen-Orient) et les USA devraient accorder aux Palestiniens le droit d’existence à vivre en paix sur leurs terres et dans leur capitale et le droit des réfugiés à retourner, en cessant de tuer des civils.

Les nombreux dirigeants d’Israël d’origine russe et l’importante communauté russe en Israël n’ont pas réussi à persuader le président Vladimir Poutine à entrer dans le jeu de leur politique. La Russie veut mettre fin à la guerre en Syrie, tandis qu’Israël veut qu’elle se prolonge, pendant que les USA attisent le feu syrien en accusant l’Iran de tout ce qu’ils peuvent trouver.

Les USA possèdent encore des cartes importantes en Syrie qu’ils peuvent jouer pour empêcher l’unité du pays. Cependant, Damas et l’Iran ne resteront pas les bras croisés ou sur la défensive. Pendant combien de temps Trump laissera-t-il ses forces occuper une partie du pays? Malgré ses déclarations contradictoires (Sortira? Sortira pas?), va-t-il laisser ses forces subir de lourdes pertes? Des attaques contre ces forces vont se produire tôt ou tard. Les forces US, pas plus que les forces françaises, ne pourront sortir du chemin qu’elles sont en train de tracer, et il semble qu’elles n’ont rien retenu de l’histoire, en ignorant ce qui s’est produit à Beyrouth en 1983. L’Iran était à ce moment-là présent au Liban. Aujourd’hui, il est également présent en Syrie.

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