La loi César : Comment affectera-t-elle le Liban? 3/3

Par Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

La promulgation de la « loi César », qui vise à « poursuivre les individus, les groupes, les entreprises et les pays qui ont des échanges avec le gouvernement de Damas », est dirigée apparemment contre la Syrie, mais dans les faits elle cherche à soumettre le Liban et sa population pour satisfaire aux conditions d’Israël. Le Hezbollah libanais, qui fait partie de l’Axe de la Résistance, est en conflit ouvert avec Israël, qui a une liste de demandes impressionnantes : stopper la livraison d’armes passant par la frontière libano-syrienne, désarmer le Hezbollah, imposer ses propres conditions à la frontière terrestre et maritime, et pousser le Liban à se joindre aux autres pays du Moyen-Orient pour signer un accord de paix avec Israël. Mais le Hezbollah a évidemment d’autres plans : faire respecter une nouvelle règle d’engagement et prendre l’initiative d’une attaque plutôt que de se limiter à une réaction de défense. Cela rappelle la politique de dissuasion du Hamas, un autre membre de l’Axe de la Résistance, qui consiste à frapper des cibles en Israël si (et quand) des sanctions économiques sont imposées. 

Comme le craint Israël, une prochaine guerre au Moyen-Orient consisterait probablement en de multiples fronts unis, impliquant tous les membres de l’Axe de la Résistance en même temps. Depuis plus d’un an, les membres de l’Axe de la Résistance (Syrie, Liban, Gaza et Irak) se synchronisent et instaurent une coordination intensive en se préparant à divers scénarios de guerre. Il n’est pas exclu que devant la réaction de l’Axe de la Résistance aux sanctions imminentes, Israël demande aux USA de baisser les bras, pour éviter une guerre totale. L’Axe de la Résistance a préparé plusieurs scénarios en voie de réalisation, qui feront tous très mal à Israël.

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L’Axe de la Résistance a compris qui est derrière la promulgation de la loi César par les USA et devra s’en prendre d’abord à Israël, en raison de l’influence majeure qu’il exerce sur les décisions des USA au Levant. Ce ne sont pas les options qui manquent et certaines parmi les plus évidentes seraient d’imiter le Hamas et de frapper Israël comme suit :

Premier scénario : Le Liban exige la rétrocession des fermes de Chebaa  et des sept villages libanais (Terbikha, Saliha, Malkiyah, Nabi Yusha, Kades, Hunin et IbliQamh) occupés par Israël. Ainsi, toute attaque du Hezbollah contre les forces israéliennes dans ces villages, en franchissant la clôture de la frontière israélienne ou en bombardant des objectifs dans ces villages libanais, serait considérée comme légitime et reconnue par le gouvernement libanais.

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La balle est dans le camp des USA et il ne fait aucun doute que l’administration américaine veillera à ce que de nombreux hommes politiques libanais, chrétiens et musulmans, figurent sur sa liste noire du terrorisme avant octobre 2020, afin de mettre dans l’embarras toute future administration et de l’empêcher de lever facilement les sanctions. Bien entendu, comme les USA n’agissent pas selon leur propre programme et leur intérêt national, leur compréhension de ce qui devrait être fait ou non est défaillante ou, au mieux, limitée.

À un moment donné, lorsque la réaction du Hezbollah deviendra évidente, Israël pourrait envisager « d’inspirer » Washington à mettre fin à sa pression sur le Liban, comme il l’a fait à Gaza, afin d’éviter d’en subir les conséquences. 

Mais Israël pourrait aussi penser que la guerre demeure une possibilité parce qu’il n’y a pas mûrement réfléchi! Israël a assassiné des dirigeants du Hezbollah, des scientifiques iraniens, des commandants du Hamas et des commandants irakiens, ce qui a eu pour effet de rendre l’Axe de la Résistance plus fort. Tirer les leçons de l’histoire n’a jamais été le point fort d’Israël et des USA.

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Washington ne voudra peut-être pas pousser le Hezbollah à réagir et devra compter alors sur ses alliés au Liban. Par conséquent, par l’entremise du Fonds monétaire international, il pourrait consentir au Liban quelques milliards de dollars par an pour que le gouvernement libanais n’envisage pas la possibilité d’une guerre contre Israël et d’un approvisionnement commercial et énergétique provenant de l’Iran.

Toutes les possibilités sont sur la table. En ce qui concerne le Golfe, sa reconnaissance et son soutien à Israël ne font aucune différence et ne changent rien à l’équation des « probabilités de guerre », car dans chaque guerre israélienne contre le Hezbollah, les pays du Golfe ont été les premiers à soutenir Israël, ce qui n’a pas fait pencher la balance en sa faveur. Il fait peu de doute que les mois à venir avant la fin de 2020 seront cruciaux pour le Moyen-Orient.

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