L’Irak fera monter la pression sur Joe Biden et vice versa (3)

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

En juillet  dernier, le premier ministre irakien Mustafa al-Kadhemi s’est rendu en Iran, où il a rencontré les responsables iraniens pour leur confirmer que l’Irak ne servira pas de plateforme aux USA ou à tout autre pays pour attaquer l’Iran. Les Iraniens ont été très polis comme à leur habitude et n’ont rien demandé explicitement à al-Kadhemi, mais des amis communs présents en Iran ont transmis les dix points que l’Iran juge les plus cruciaux. La plupart de ces points ont été acceptés par al-Kadhemi, y compris la nécessité de demander le retrait total de toutes les forces US d’Irak. Le premier ministre irakien a confirmé que les Américains lui avaient assuré que toutes leurs forces seraient parties d’ici la fin novembre de l’année courante. L’Iran a accusé réception des renseignements fournis par al-Kadhemi, mais en rappelant qu’il ne faut jamais faire confiance aux promesses faites par les USA en général et l’administration en place du président Donald Trump plus particulièrement. Une trêve a donc été conclue jusqu’à la fin de ce mois par l’Iran, et toutes les forces de la résistance irakienne ont convenu séparément avec al-Kadhemi de mettre fin à toute forme d’attaque. Le Pentagone  a depuis annoncé son intention de réduire la présence militaire de ses troupes en Irak de 3 000 à 2 500, confirmant du même coup que Trump restera en Irak. Cette annonce marque clairement le début de jours orageux à venir pour les forces US en Irak et le président américain élu Joe Biden.

Le commandant du Corps des gardiens de la Révolution iranienne (al-Qods), Ismail Qaani, s’est rendu en Irak à l’invitation du premier ministre al-Kadhemi, qui voulait lui confirmer que l’administration américaine avait déclaré qu’elle ne pouvait se retirer de l’Irak parce que le président Trump avait perdu les élections, et qu’il n’était ainsi plus en mesure de tenir la promesse qu’il avait faite à al-Kadhemi alors qu’il croyait que sa réélection était assurée.

L’Iran a défini sa position sans ambiguïté lorsque le guide suprême de la Révolution Sayyed Ali Khamenei a réitéré ses propos : « On ne peut pas faire confiance aux USA, que le président soit Trump ou Biden ou tout autre président. Les USA ont déclaré la guerre à l’Iran depuis la Révolution de 1979, ont imposé les sanctions les plus sévères qui soient contre un pays dans le monde et ont lâchement assassiné le général iranien Qassem Soleimani, qui était l’invité du premier ministre irakien. L’Iran ne se reposera pas tant que toutes les forces US ne se retireront pas de l’Asie occidentale. »

Lorsque Sayyed Ali Khamenei a reçu le premier ministre irakien, il lui a dit « votre invité a été assassiné sur votre territoire », une phrase d’une portée très significative qui fait référence au caractère sacré que les Arabes vouent à la protection d’un invité. La vengeance en cas d’assassinat incombe alors à l’hôte, et non à la famille, au clan ou au pays de l’invité assassiné. La société tribale irakienne comprend cet engagement archi connu et Sayyed Khamenei rappelait à son invité irakien sa responsabilité.

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