La guerre inachevée et ses divisions à long terme : évolution des lignes de front en Syrie et limites de la diplomatie

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

La situation en Syrie ne peut être expliquée sous l’angle d’un seul événement. Elle résulte plutôt d’une interaction complexe de facteurs, de motivations et d’intérêts de divers États. Certains événements sont coordonnés directement, d’autres surgissent indépendamment, en s’appuyant sur un contexte géopolitique qui favorise déjà les objectifs établis. Les derniers développements, notamment l’occupation de la région d’Idlib, de la ville d’Alep et de ses zones rurales, ainsi que l’avancée vers Hama des forces attaquantes, motivées par des considérations idéologiques et qui ont adopté une approche plus ouverte à l’égard des populations locales, ne visent peut-être pas pour l’instant à renverser l’État syrien. Le gouvernement syrien a déployé d’importantes ressources à l’intérieur et autour de Hama pour stopper cette offensive. Toutefois, l’objectif général semble être l’établissement d’une nouvelle ligne de contact et de démarcation, afin de renforcer la position de négociation de la Turquie en consolidant son ancrage.

Le but semble être de contraindre toutes les parties concernées à faire des concessions significatives à la table des négociations, en redéfinissant les paramètres de la guerre et de la paix et en essayant de sortir de l’impasse actuelle. Ce faisant, l’offensive cherche à influencer l’équilibre stratégique plus large de la région.

Le mouvement récent des groupes armés en Syrie n’aurait pas pu se produire sans un soutien financier substantiel, une formation culturelle et militaire et de l’équipement de pointe, des ressources bien au-delà de la portée de ces groupes s’ils ne bénéficiaient pas de l’aide de pays riches alignés sur leurs objectifs. La capacité de ces groupes à faire la guerre repose clairement sur le soutien de la Turquie, qui couvre leurs actions. Ce soutien se manifeste par l’accueil par Istanbul de délégations représentant ces groupes, ainsi que par l’invitation que leur a lancée la Turquie à se joindre à la table des négociations dans le cadre de l’accord d’Astana, en vue de trouver une solution à la lumière de l’évolution de la situation.

La dynamique changeante reçoit l’approbation tacite des États-Unis, qui donnent la priorité à leurs propres intérêts stratégiques et à ceux d’Israël.

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