
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
En pleine situation de conflit extrêmement instable s’intensifiant au Moyen-Orient, alors que la guerre de Gaza s’étend sur d’autres théâtres, la dynamique qui prévaut pose un défi géopolitique complexe. Les USA, malgré leur stature internationale, semblent incapables d’arrêter les actions d’Israël à Gaza et d’obtenir un arrêt des hostilités sur tous les fronts. Ce qui n’arrange pas les choses, c’est la perception du soutien inébranlable des USA à Israël, malgré ses actions qui, selon les critiques, violent le droit international et la Convention de Genève. Cette position des USA suscite un débat important sur l’érosion de leur autorité morale et de leurcrédibilité sur la scène internationale.
Dans cette atmosphère tendue, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a présenté un plan d’après-guerre pour Gaza. Mais le conflit en cours, marqué par des destructions massives et un bilan civil tragique (27 000 morts et 70 000 blessés), soulève des questions quant au calendrier et à l’aspect pratique d’un tel plan. Alors que l’armée israélienne n’a pas encore obtenu de résultats décisifs après des mois de conflit et que la dévastation se poursuit, le scénario d’après-guerre envisagé par Netanyahou semble prématuré et soulève des doutes quant à sa viabilité. La situation actuelle rend difficiles les déclarations d’intention postconflictuellealors que le conflit lui-même, aux implications humanitaires et stratégiques immenses, est loin d’être résolu.
La stratégie de Netanyahou révèle son approche à multiples facettes pour résoudre les conflits régionaux, qui combine surveillance militaire, diplomatie et restructuration politique. Elle établit d’abord un gouvernement militaire israélien à Gaza pour gérer les affaires civiles. Elle forme ensuite une coalition arabe, regroupant des pays comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, pour soutenir une nouvelle Autorité palestinienne en faveur del’intégration régionale et de la réduction des tensions.
Le plan prévoit le transfert de la gouvernance d’Israël à de nouveaux responsables non affiliés aux principales factions palestiniennes, tout en maintenant les opérations de sécurité israéliennes, qui sont en soi une source de conflit parce qu’elles permettent à Israël de procéder à des arrestations et de tuer comme il l’entend. Les phases successives pourraient inclure de plus grandes réformes de la gouvernance palestinienne et, éventuellement, la reconnaissance par Israël d’un État palestinien d’ici deux à quatre ans. Toutefois, la réussite du plan dépend de nombreux facteurs géopolitiques, dont l’acceptation par les Palestiniens (hautement improbable), ce qui rend son éventuelle mise en œuvre complexe et impossible. En fait, Netanyahou est connu comme non fiable en ce qui concerne toute offre aux Palestiniens qui pourrait garantir leur futur État.
Le conflit israélo-palestinien, qui dure depuis plus de 75 ans, est une aberration dans les annales de l’histoire de l’humanité, où la plupart des conflits finissent par se régler à la table des négociations. Historiquement, les guerres ont tendance à se terminer par des accords mutuels, par l’acceptation de certaines conditions par les deux parties ou par l’émergence nette d’un vainqueur et d’un vaincu. Mais ce conflit particulier, caractérisé par l’occupation israélienne de la Palestine et un cycle incessant de violence, de déplacement et d’humiliation à l’endroit du peuple palestinien, se refuse de s’engager dans la voie de la résolution habituelle.
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