
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Les tensions géopolitiques entre Israël et l’Iran sont depuis longtemps la pierre angulaire de la politique au Moyen-Orient. Le récent assassinat à Téhéran d’Ismaïl Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas, a considérablement exacerbé ces tensions. Cet événement a contraint Israël à se préparer à des représailles immédiates de la part de l’Iran et à un conflit qui s’aggrave et qui pourrait se prolonger. Les efforts de médiation n’ont pas réussi à dissuader l’Iran de riposter à ce qu’il considère comme une violation flagrante de sa souveraineté, en particulier à la lumière du sabotage par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et par son rejet de tout cessez-le-feu à Gaza. La décision de Netanyahou, qui s’oppose aux recommandations de ses forces de sécurité de mettre fin au conflit à Gaza, a laissé l’Iran déterminé à réagir durement et douloureusement à l’égard d’Israël. La situation pourrait s’aggraver, car tout conflit important entre l’Iran et Israël risque d’attirer tous les membres de l’Axe de la Résistance qui ne resteront pas les bras croisés, peu importe ce qu’il arrivera, à moins qu’Israël n’accepte les conséquences de son agression.
L’escalade de Netanyahou est motivée par son principe de combattre l’Iran et ses alliés en étant assuré du soutien des États-Unis, ce qu’il ne pourrait faire seul. Les États-Unis ont formé une coalition de puissances occidentales pour intercepter les missiles iraniens. Cette coalition apporte à Israël non seulement un soutien moral, mais aussi un partenariat militaire complet, entraînant inévitablement toutes les forces dans un même conflit. Bien que l’administration américaine affirme que les troupes supplémentaires envoyées au Moyen-Orient sont purement défensives, Netanyahou sait que les États-Unis ne laisseront pas Israël se battre seul, même s’ils sont réticents à se laisser entraîner dans une guerre plus vaste, d’autant plus que leurs bases au Moyen-Orient sont menacées, et ce en pleine période d’élections présidentielles. Le président Joe Biden a exhorté à plusieurs reprises Netanyahou à mettre fin à la guerre et à accepter les accords proposés, mais il continue de rejeter ces ouvertures.
En outre, les préparatifs et la dynamique politique d’Israël augmentent le risque d’un conflit plus large et plus enraciné au Moyen-Orient, comprenant probablement plusieurs cycles de représailles de la part de l’Iran susceptible d’attirer des acteurs régionaux et mondiaux. Les conséquences possibles d’un tel conflit pourraient être graves, avec des impacts significatifs sur la stabilité mondiale et la vie de millions de personnes.
La décision du premier ministre israélien d’intensifier le conflit est motivée par des raisons politiques qui lui permettent de rester au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat en octobre 2026. L’escalade et la guerre peuvent parfois consolider le soutien politique et marginaliser l’opposition. Agir contre les recommandations des chefs du Mossad et du Shabak pourrait indiquer une stratégie visant à démontrer un leadership décisif et une indépendance dans la prise de décision, ce qui pourrait enflammer les sentiments nationalistes.
Les préparatifs stratégiques d’Israël en vue d’un conflit plus large avec l’Iran, y compris les mesures visant à assurer une alimentation sans coupure des infrastructures essentielles, à augmenter les stocks de médicaments essentiels et de fournitures médicales, et à distribuer des téléphones satellites au personnel clé, soulignent la gravité de la situation.
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