Le pari de Netanyahou : Israël, le Hezbollah et la guerre sans fin en PalestineNe

Par Elijah J. Magnier :

Traduction : Daniel G.

Après près d’un an de conflit, Israël n’a pas réussi à atteindre ses objectifs : détruire le Hamas à Gaza et dissuader le Hezbollah sur son front nord. Le pays s’est enlisé dans un statu quo destructeur où les tirs de roquettes sont quotidiens. Cette situation a gravement entamé la réputation d’Israël en tant qu’armée la plus puissante du Moyen-Orient et a effectivement mis fin à son pouvoir de dissuasion, malgré les plus de 3 600 massacres qu’il a commis, qui ont fait plus de 40 000 morts et 130 000 blessés dans la seule bande de Gaza. Mais cela n’a rien changé au fait qu’Israël possède toujours l’une des armées les mieux équipées au monde, soutenue par la technologie, le renseignement et le matériel militaire occidentaux, et qu’il s’efforce (difficilement) de maintenir sa supériorité.

Selon le ministre de la Défense Yoav Gallant, le premier ministre Benjamin Netanyahou ne semble pas disposé à mettre fin à la guerre à Gaza, même si la plupart des opérations militaires sont terminées. Netanyahou a rejeté les recommandations de l’armée et des forces de sécurité visant à négocier la fin de la guerre et fait obstruction aux efforts déployés pour mettre un terme au conflit. Il a ordonné à l’armée d’élargir le corridor de Netzarim, qui divise effectivement Gaza en deux, dans le but ultime de forcer la population du nord à quitter les lieux après la quasi-destruction des maisons, des hôpitaux, des écoles et des infrastructures. Netanyahou semble également vouloir consacrer davantage d’efforts militaires à la Cisjordanie, où il tente de provoquer les Palestiniens par l’intermédiaire de la « milice Ben Gvir », en étendant les colonies illégales et en déplaçant davantage de Palestiniens de leurs terres, comme cela s’est produit pour les habitants du nord de la bande de Gaza. Sa stratégie consiste à entraîner Israël, les États-Unis et leurs alliés dans une guerre plus large avec le Liban ou l’Iran, avec la possibilité d’une nouvelle escalade si Netanyahou poursuit son mandat tout en provoquant les Palestiniens en Cisjordanie. 

Un conflit plus large au Moyen-Orient reste une possibilité distincte, en particulier si (fort probablement) Israël assassine un autre dirigeant du Hezbollah et franchit d’autres lignes rouges, tout en aggravant encore plus les tensions en provoquant également l’Iran dans les mois à venir.

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