Troisième guerre du Liban: la Résistance réagit après l’épuisement de la banque de cibles d’Israël

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

Personne n’a mis en doute la brutalité des actions d’Israël ni la barbarie de ses bombardements aériens sur le Liban, surtout à la lumière de sa campagne à Gaza. L’offensive a commencé par un bombardement aérien intense de cibles militaires au sud du Liban et dans la vallée de la Bekaa, sans aucune considération pour la population civile vivant à proximité. Ces cibles désignées avaient été établies grâce à la vaste collecte de renseignements humains, électroniques et satellitaires effectuée par Israël depuis la deuxième guerre du Liban en 2006. Il était tout à fait naturel pour Israël de lancer ses missiles sur ces sites dans les villes du sud et de la Bekaa pendant plusieurs jours, voire une semaine. Ce déluge de feu prolongé devrait permettre à la Résistance de mettre en œuvre sa stratégie consistant à créer une nouvelle réalité militaire une fois la « folie » initiale retombée et la banque de cibles israélienne épuisée. À partir de là, la Résistance entrerait dans une phase offensive, en frappant des cibles précises et éloignées et en finissant par atteindre toutes les zones sous contrôle israélien.

Ce qui se passe au Liban ne peut être décrit que comme une guerre, compte tenu de l’ampleur et de l’intensité des attaques, même en l’absence d’attaques terrestres ou d’incursions frontalières. La guerre se caractérise généralement par une violence soutenue et organisée entre belligérants sur de vastes étendues de territoire. Les destructions, les pertes humaines et les perturbations de la vie quotidienne dans les deux régions correspondent aux caractéristiques de la guerre. Par conséquent, la nature moderne de ce conflit, qui comprend de lourds bombardements aériens, des échanges de missiles et une guerre psychologique, sert des objectifs stratégiques, inflige des dommages importants et exerce une pression pour créer une nouvelle réalité par des attaques à longue portée, même si le contrôle territorial ne change pas.

C’est pourquoi l’expression « troisième guerre du Liban » est appropriée, malgré l’asymétrie. Israël tire parti de sa supériorité aérienne, tandis que le Hezbollah utilise des attaques à la roquette et des tactiques de guérilla, propres à de nombreux conflits contemporains.

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