
Par Elijah J. Magnier
Benjamin Netanyahu a récemment déclaré que les forces israéliennes avaient « franchi le fleuve Litani », présentant cette opération comme un succès stratégique et symbolique destiné avant tout à répondre aux critiques internes qui remettent en question les progrès de la guerre au Liban. Cette déclaration faisait référence aux opérations menées autour de Zawtar al-Charqiya, une zone située à environ sept kilomètres de la Ligne bleue libanaise. Derrière ce message politique se cache toutefois une réalité militaire plus complexe. Près de cinq divisions israéliennes (notamment les 36e, 91e, 146e, 162e et 98e), représentant environ 70 000 soldats, y compris des unités mécanisées, opèrent dans le sud du Liban depuis plus de quatre-vingt-cinq jours afin de sécuriser et d’étendre leurs positions dans des territoires relativement proches de la frontière. Loin de démontrer un élan militaire rapide, l’ampleur du déploiement souligne à quel point toute avancée israélienne est devenue difficile et coûteuse.
La stratégie de la résistance locale semble moins axée sur l’empêchement total des incursions israéliennes que sur la transformation de chaque avancée en une opération longue et onéreuse. Les combattants libanais savent qu’Israël dispose d’une supériorité écrasante en matière de puissance aérienne, d’artillerie, de capacités de surveillance et de liberté d’escalade. Plutôt que de tenter d’égaler directement cette puissance de feu, la stratégie de la résistance repose sur l’attrition : contraindre Israël à déployer davantage de brigades, à élargir son empreinte opérationnelle, à consommer davantage de ressources militaires et à subir des pertes continues au fil du temps.
Cela explique pourquoi même des avancées géographiques limitées sont aujourd’hui présentées politiquement comme des accomplissements majeurs. Le franchissement de zones proches du Litani est présenté par Netanyahu comme la preuve d’un succès opérationnel, précisément parce que la campagne dans son ensemble n’a pas produit l’effondrement stratégique rapide et décisif du Hezbollah promis à plusieurs reprises par les dirigeants israéliens depuis le début de la confrontation. Les médias israéliens reconnaissent de plus en plus l’écart entre la rhétorique officielle et les réalités du terrain, et les critiques sont devenues inhabituellement directes. Les commentateurs ne se concentrent plus seulement sur les développements tactiques, mais s’interrogent désormais sur le fait que la guerre elle-même soit devenue politiquement déconnectée d’objectifs réalistes.
Subscribe to get access
Read more of this content when you subscribe today.
Make a one-time donation
Make a monthly donation
Make a yearly donation
Choose an amount
Or enter a custom amount
Your contribution is appreciated.
Your contribution is appreciated.
Your contribution is appreciated.
You must be logged in to post a comment.