
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
L’évolution rapide de la situation militaire en Syrie a causé la chute du président Bachar el-Assad et son départ de Damas sans que l’armée syrienne n’oppose de résistance. Cette transition fait suite à des discussions de haut niveau entre les principaux acteurs, notamment la Turquie, la Russie et l’Iran. Cependant, le Levant nous réserve encore bien des surprises, qui ne font que commencer avec ce changement de leadership et la tentative d’établir un nouvel État selon des normes entièrement différentes.
L’un des facteurs clés de la chute rapide du régime d’Assad réside dans la stratégie adoptée par les forces attaquantes dans les villes et les villages qu’elles ont capturés, en particulier dans la campagne d’Idlib, à Alep et dans ses zones rurales (à l’exception d’actes extrémistes isolés), ainsi qu’à Hama, Homs, Damas et dans le sud de la Syrie. Les assaillants se sont délibérément éloignés des tactiques brutales qui, depuis 2011, avaient uni le monde contre les forces combattant l’armée syrienne. Cette nouvelle approche a permis au régime de s’effondrer comme un château de cartes sans grande résistance, au fur et à mesure que les villes se rendaient les unes après les autres. Cette capitulation organisée s’est produite sans effusion de sang importante, à la suite de longues négociations menées par les principaux intermédiaires (Turquie, Iran et Russie).
La Russie et l’Iran ont perdu un allié indéfectible et un point d’appui solide au Levant, tandis que la Turquie émerge en tant que puissance dominante. Istanbul a soutenu militairement les forces attaquantes, orchestré leurs opérations et dirigé méticuleusement leurs performances par l’intermédiaire d’une salle d’opérations commune. Sous la direction de la Turquie, ces forces ont atteint tous leurs objectifs dans les zones précédemment tenues par l’armée syrienne. Toutefois, elles n’ont pas étendu leur succès aux régions contrôlées par les forces kurdes soutenues par les États-Unis dans le nord-est, où l’autorité s’est étendue à Deir Ezzor et Raqqa.
La Syrie reste profondément fracturée : le nord-est sous contrôle kurde, Israël étend son occupation sur d’autres territoires syriens dans le sud, et aucune faction unifiée n’émerge pour former une autorité gouvernante cohésive. Résultat : c’est Mohammed Ghazi al-Jallali, le premier ministre d’Assad, qui a été nommé représentant de l’autorité intérimaire qui gère actuellement le pays. Quels sont les événements qui ont conduit la Syrie à cette situation et que nous réserve l’avenir?
Le premier ministre d’Assad :
En tant que chef de l’autorité intérimaire, la principale responsabilité du premier ministre al-Jallali est probablement de gérer les fonctions quotidiennes de l’État tout en préparant une transition à plus long terme. Il s’agit notamment de maintenir une gouvernance essentielle,
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