L’allié en dehors de l’accord : pourquoi Netanyahu pourrait préférer l’exclusion à la paix

Par Elijah J. Magnier

L’aspect le plus mal compris du cadre américano-iranien en cours d’émergence n’est peut-être pas son contenu mais ses participants. Une grande partie du débat international s’est concentrée sur la question de savoir si Israël est exclu de négociations susceptibles de remodeler l’avenir du Moyen-Orient. L’hypothèse dominante est que l’exclusion représente automatiquement une défaite diplomatique. Pourtant, une autre possibilité mérite d’être examinée de plus près. Benjamin Netanyahu ne souhaite peut-être pas qu’Israël fasse partie de ce cadre.

Le récit dominant suppose que chaque acteur régional cherche naturellement à obtenir une place à la table des négociations. La diplomatie est généralement présentée comme une récompense, un signe d’influence et de reconnaissance. Les gouvernements rivalisent pour façonner les accords parce que ceux-ci déterminent l’ordre politique qui succède aux conflits. Mais la participation comporte également des obligations. Chaque cadre diplomatique crée des attentes, des restrictions et des mécanismes destinés à réduire les risques d’escalade future.

Pour Israël, cela représente un dilemme. La doctrine sécuritaire du pays repose depuis longtemps sur le maintien d’une liberté d’action contre les menaces perçues, où qu’elles apparaissent. Que ce soit au Liban, en Syrie, en Irak, à Gaza ou en Iran lui-même, les gouvernements israéliens successifs ont toujours défendu le principe selon lequel Israël doit conserver la capacité d’agir militairement chaque fois que ses dirigeants l’estiment nécessaire. L’entrée dans un cadre formel pourrait compliquer cette doctrine.

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