Ce que Trump peut faire maintenant : huit étapes entre diplomatie et guerre

Par Elijah J. Magnier –

Donald Trump a retrouvé une marge de manœuvre suffisante sur le dossier iranien, mais une marge de manœuvre n’est pas un contrôle. Il a empêché le Congrès de fermer la porte à une future action militaire, maintenu en vie le mémorandum intérimaire entre les États-Unis et l’Iran, et ouvert un étroit canal économique grâce à un allègement temporaire des sanctions. Pourtant, rien de tout cela ne règle le dossier iranien. Cela fait seulement passer Trump de la phase de survie à celle d’une responsabilité limitée.

La question n’est plus de savoir si Trump peut conclure un arrangement intérimaire avec Téhéran. Il en a déjà un. La question n’est pas non plus de savoir si le Congrès peut facilement l’arrêter. Pour l’instant, il ne le peut pas. La véritable question est de savoir ce que Trump peut faire maintenant avec un accord fragile, un Israël furieux, un Iran méfiant, un Golfe inquiet, un Congrès divisé et une guerre dont les objectifs militaires maximalistes n’ont pas été atteints.

Le mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran lui offre une sortie diplomatique d’une guerre qu’il n’a pas gagnée de manière décisive. L’enrichissement iranien n’a pas été réduit à zéro. Son programme de missiles balistiques a été endommagé, mais non éliminé. Son gouvernement ne s’est pas effondré. Ses alliances régionales ont été mises sous pression, mais non rompues. Les États-Unis ont fait démonstration de force, mais cette force n’a pas produit le résultat politique annoncé par Washington et Tel-Aviv. Trump s’est donc tourné vers un accord parce que l’alternative était l’escalade sans garantie de victoire.

Mais le mémorandum d’entente n’est pas un règlement. C’est un cadre politique intérimaire : un mécanisme de cessez-le-feu, une fenêtre de négociation de 60 jours, une réouverture partielle du détroit d’Ormuz, un allègement conditionnel des sanctions et le début d’une négociation plus large sur les limites nucléaires, le pétrole, les fonds gelés, la reconstruction, les fronts régionaux et la sécurité maritime. Il donne à Trump de la flexibilité parce qu’il est politiquement plus léger qu’un traité. Mais il l’expose aussi, parce qu’il repose sur l’autorité exécutive, la tolérance du Congrès, la retenue iranienne, la discipline israélienne et la confiance des marchés.

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