Deux détroits, un seul front : la victoire stratégique d’Ansar Allah à Bab el-Mandeb

La prise de Mocha, de Dhubab et des îles stratégiques de la mer Rouge a transformé la position maritime du Yémen.

L’Iran et Ansar Allah disposent désormais de la capacité d’exercer une pression sur deux passages maritimes essentiels.

Par Elijah J. Magnier –

L’avancée d’Ansar Allah le long de la côte occidentale du Yémen représente bien davantage qu’une victoire territoriale sur les forces soutenues par l’Arabie saoudite. En s’emparant de Mocha, de Dhubab et des îles stratégiques qui surplombent Bab el-Mandeb, le mouvement yéménite a modifié l’équilibre maritime dans toute l’Asie occidentale.

L’Iran dispose déjà d’une capacité décisive d’interdiction dans le détroit d’Ormuz. Ansar Allah occupe désormais une position comparable à Bab el-Mandeb, de l’autre côté de la péninsule Arabique. Ces deux forces n’exercent pas une souveraineté juridique incontestée sur ces voies navigables internationales, mais elles disposent des missiles, des drones, des positions côtières et de la volonté politique nécessaires pour déterminer quels navires peuvent circuler en toute sécurité.

Ormuz et Bab el-Mandeb sont ainsi devenus deux fronts d’une même confrontation. Leurs objectifs convergent : contester la liberté d’action des États-Unis et d’Israël, imposer un coût à l’Arabie saoudite pour la pression qu’elle continue d’exercer sur le Yémen et empêcher la supériorité militaire occidentale de garantir une navigation commerciale sans entraves.

Tel est le gain stratégique. L’Iran et son allié yéménite n’ont plus besoin de vaincre conventionnellement les États-Unis, Israël ou l’Arabie saoudite. Il leur suffit de démontrer qu’aucune de ces puissances n’est capable de protéger chaque pétrolier, porte-conteneurs ou bâtiment de guerre traversant deux des détroits les plus indispensables au monde.

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