
Par Elijah J. Magnier
La campagne de Washington contre la Cour pénale internationale a franchi un seuil décisif. Sanctionner individuellement des juges et des procureurs constituait déjà une tentative de leur faire payer personnellement la recherche de responsabilités pénales. Sanctionner l’institution elle-même vise à compromettre les mécanismes qui rendent cette recherche possible. Parmi les bénéficiaires immédiats figurent les responsables israéliens visés par des mandats d’arrêt. Plus largement, cette politique remet en question la capacité d’une juridiction internationale à exercer son mandat lorsqu’un État puissant s’oppose à l’identité des personnes faisant l’objet d’une enquête.
Le 9 octobre 2026, les États-Unis ont inscrit la CPI sur leur liste de sanctions. La Cour a précisé que cette mesure faisait suite aux sanctions visant treize juges et procureurs. Dans sa réponse, elle a dénoncé une attaque contre l’indépendance judiciaire et lancé un appel aux 125 États parties qui la soutiennent. La distinction est importante : une campagne auparavant dirigée contre certains responsables menace désormais les services et les relations financières dont dépend l’ensemble de la Cour.
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