La rencontre des quatre puissances à Téhéran : un premier pas vers un ordre de sécurité ouest-asiatique sans dépendance américaine ?

Par Elijah J. Magnier

L’Iran, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan peuvent-ils surmonter leurs rivalités, réduire l’avantage stratégique d’Israël et commencer à bâtir leur propre architecture de sécurité régionale ? Leur rencontre à Téhéran, le 26 octobre, ouvre une perspective dépassant l’objectif immédiat d’empêcher une nouvelle confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël : celle de puissances régionales assumant une responsabilité accrue dans des décisions dont elles ne peuvent éviter les conséquences.

Washington n’est pas éloigné de cette initiative. La rencontre a suivi une médiation pakistanaise et une visite diplomatique qatarie, maintenant des canaux par lesquels les messages américains pouvaient parvenir à Téhéran. L’approche américaine semble rechercher des concessions en échange de garanties. Selon l’analyse présentée ici, Téhéran refuse de renoncer à ses moyens de pression simplement pour obtenir des assurances de Donald Trump, dont il met fondamentalement en doute la fiabilité. L’Iran estime pouvoir continuer à lui tenir tête et exige que ses conditions soient remplies avant que le dialogue puisse déboucher sur un accord acceptable.

L’Iran accueille néanmoins favorablement l’implication de puissants pays de la région. Leur présence constitue une reconnaissance de son rôle et offre l’occasion de discuter de la sécurité en Asie occidentale — notamment au Liban, au Yémen, en Irak, à Gaza et en Cisjordanie — sans accepter qu’Israël détermine l’avenir régional. Ces questions composent le programme stratégique plus large examiné ici ; l’engagement public issu de la rencontre porte sur la poursuite des discussions concernant la coopération, la paix et la sécurité régionales.

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