Netanyahou a réussi, mais n’a pas remporté la victoire : les élections israéliennes ouvrent une bataille pour le pouvoir

Infographic titled “Netanyahu Succeeded But Was Not Victorious: Israel’s Elections Open a Battle for Power” by Elijah J. Magnier, comparing Netanyahu’s position and Eisenkot’s challenge around a 61-seat balance of power chart.
An infographic contrasts Netanyahu’s position with Eisenkot’s challenge as Arab parties hold the balance of power.

Par Elijah J. Magnier

Le scrutin est terminé, mais la bataille ne fait que commencer. Les élections législatives israéliennes n’ont apporté ni victoire décisive ni défaite définitive aux deux principaux prétendants. Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a réussi à préserver sa position politique, à maintenir son leadership sur le premier parti du pays et à garder intacte son ambition de former un nouveau gouvernement. Il n’a toutefois pas obtenu la majorité parlementaire nécessaire pour gouverner. Son principal adversaire, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, n’a pas davantage réussi à réunir les 61 sièges indispensables pour former un gouvernement. Il en résulte une Knesset fragmentée, dans laquelle aucun des deux camps ne peut gouverner seul, tandis que les partis arabes, marginalisés par les deux prétendants, pourraient détenir la clé du pouvoir.

Selon les résultats provisoires disponibles mercredi 28 octobre, le bloc de droite de Netanyahou dispose d’environ 53 sièges, celui de l’opposition conduite par Eisenkot de 48 sièges, et les partis arabes de 19 sièges. Ces chiffres ne comprennent pas les quelque 600 000 bulletins restant à dépouiller dans le cadre du système des doubles enveloppes, notamment ceux des militaires, des membres des forces de sécurité, des détenus, du personnel médical, des personnes handicapées et d’autres électeurs n’ayant pu voter dans les bureaux ordinaires. Leur dépouillement devrait préciser la répartition définitive des sièges, avec la possibilité d’un déplacement d’un ou deux sièges entre les différents blocs, sans nécessairement modifier l’impasse parlementaire actuelle.

Netanyahou a réussi à mobiliser une partie importante de l’électorat en se présentant comme le dirigeant indispensable d’Israël en temps de guerre et en dépeignant les partis arabes comme une menace pour l’orientation politique du pays. Sa campagne visait à rassembler les électeurs juifs israéliens derrière le Likoud afin de maximiser ses chances de conserver le pouvoir. Bien qu’il demeure à la tête du premier parti, il n’a pas obtenu la majorité nécessaire pour gouverner. Ses adversaires peuvent donc affirmer que les électeurs ont rejeté une nouvelle majorité dirigée par Netanyahou, tandis que celui-ci peut soutenir qu’il reste le dirigeant politique le plus puissant d’Israël. Aucune de ces deux affirmations ne permet toutefois de déterminer qui sera capable de constituer un gouvernement viable.

La première bataille : remplacer le président de la Knesset

La première occasion pour l’opposition de démontrer que Netanyahou a perdu le contrôle du Parlement pourrait se présenter avant même la formation d’un nouveau gouvernement. Son objectif immédiat consiste à remplacer Amir Ohana, président de la Knesset, haut responsable du Likoud et allié de Netanyahou, par une personnalité échappant à l’influence du Premier ministre. Contrairement à la formation d’un gouvernement, le remplacement du président de la Knesset n’exige aucun accord préalable sur un cabinet ou un programme politique commun. Si les 48 députés du bloc d’Eisenkot coopèrent avec les 19 représentants arabes, ils disposeraient théoriquement d’une majorité de 67 sièges, suffisante pour remplacer Ohana, sous réserve des résultats définitifs et de la volonté des partis concernés d’agir ensemble.

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