L’Iran rejette la « chirurgie esthétique » américano-irakienne, sans toutefois fermer la porte à une coopération USA-Iran 1/6

Par Elijah J. Magnier (en Irak)

Traduction : Daniel G.

Après l’assassinat du brigadier général Qassem Soleimani, tête dirigeante du Corps des gardiens de la Révolution iranienne (brigade Al- Qods), le guide suprême Sayyed Ali Khamenei a juré devant le monde entier, mais surtout pour ses alliés, que les USA en paieraient le prix en étant forcés de quitter l’Asie occidentale. Les propos de Sayyed Khamenei expriment son opinion et ses souhaits en tant que guide suprême. Mais ses souhaits ne coïncident pas toujours avec le comportement de l’État iranien, qui doit établir des rapports avec les autres pays en fonction des intérêts nationaux de l’Iran. Il existe toujours une ligne de démarcation flexible entre ce que dit le guide suprême de la Révolution et la manière dont il aimerait que le gouvernement iranien agisse. 

Toutefois, lorsque Sayyed Khamenei a fait remarquer qu’aucune rencontre directe ne serait acceptée tant que les USA n’auront pas levé leurs dures sanctions, il a tracé une ligne infranchissable que le gouvernement devra respecter, mais qui n’englobe pas nécessairement 

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toutes les sanctions, seulement les plus importantes. D’où le dialogue indirect de Vienne entre les Iraniens et ceux qui ont signé l’accord sur le nucléaire iranien sans l’avoir abandonné unilatéralement comme l’a fait l’ancien président Donald Trump.

Bien que Sayyed Ali Khamenei n’ait annoncé aucun calendrier pour le retrait de toutes les forces US de l’Asie occidentale, il ne fait aucun doute que l’Iran est prêt à s’asseoir à la même table que son ennemi si le résultat peut contribuer à alléger la situation économique en Iran. Pour l’Iran, l’administration américaine n’est pas digne de confiance, peu importe que ce soit un républicain ou un démocrate qui se trouve au sommet de la pyramide, car elle peut toujours révoquer des accords internationaux au mépris flagrant du droit international. Mais dans de nombreuses circonstances, les guides suprêmes iraniens, l’ayatollah Khomeini et Sayyed Ali Khamenei, ont permis à l’État de rencontrer les Américains afin de favoriser les intérêts de l’Iran, même si, du point de vue de l’Iran, l’ombre de la guerre avec les USA planera toujours sur le pays tant que les forces US seront dans la région. 

Les responsables iraniens sont conscients que l’administration Biden est confrontée à de nombreux défis sur le plan intérieur et extérieur, l’urgence étant accordée à la Russie et à la Chine. Sauf que pour Téhéran, la première urgence est le bien-être du pays et il n’est pas question de prendre en compte les priorités de Biden. Voilà pourquoi Téhéran ne permettra pas aux USA de se la couler douce en Irak et qu’il continuera de soutenir ses propres alliés au Yémen, en Syrie, au Liban et à Gaza. 

En Irak, les responsables encouragent une certaine « chirurgie esthétique » s’appliquant à la présence des forces US, qui se veut un compromis entre ce que veut l’Iran et ce que les Irakiens croient relever de leurs intérêts. Suggérer le remplacement des troupes US par une « OTAN européenne » est une façon de dire à l’administration Biden que le retrait n’est pas vraiment à l’ordre du jour des Irakiens. Avec ou sans accord sur le nucléaire, les USA ne pourront que rêver d’une Mésopotamie pacifique pour leurs forces dans les mois à venir si le retrait n’est pas atteint ou remplacé par une « OTAN européenne ». 

Toutefois, le retour à l’accord sur le nucléaire et son respect total ralentiront sans aucun doute les actes de la résistance irakienne contre les forces US qui, plus que jamais, n’ont aucune intention d’abandonner la Mésopotamie à la Chine, à la Russie et à l’Iran.

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