Peu importe qui sera le nouveau président, les élections en Iran confirment les valeurs de la Révolution

Par Elijah J. Magnier 

Traduction : Daniel G.

L’Iran tiendra sa treizième élection présidentielle ce vendredi 18 juin, où sept candidats brigueront les suffrages. Conformément à la constitution, le Conseil des Gardiens (qui est chargé d’approuver les noms, les programmes et la biographie des candidats) a exclu plusieurs candidats, comme il le fait à chaque élection, ce qui a suscité des critiques sur le plan intérieur. Cette élection semble différente des précédentes, car l’on s’attend à un taux de participation d’environ 50 %. Si le nombre d’électeurs qui se présentent aux urnes est peu élevé, le taux de participation sera alors le plus faible de l’histoire électorale du pays (le taux de participation à la dernière élection présidentielle était de 73 %). Force est de constater toutefois que le pourcentage enregistré lors de toute élection présidentielle dans le monde n’a jamais été une indication fiable, en particulier en Iran, où la société est politiquement polarisée depuis 1980. De plus, les radicaux et les réformistes n’ont chacun qu’un seul candidat important pour qui voter et choisir comme prochain président de l’Iran.

L’Occident surveille toujours de près tous les événements qui se déroulent en Iran. Certains « experts » ont indiqué (naïvement) que le Conseil des gardiens est sous la coupe de « l’État profond ». D’autres croient que « le régime veut Ibrahim Raisi » à la présidence comme tremplin à sa succession du Wali al-Faqih Sayyed Ali Khamenei. 

Cependant, il est indubitable que les experts occidentaux de l’Iran ont une connaissance limitée de ce qui se passe dans les coulisses en Iran depuis la victoire de la Révolution. Le futur président et son gouvernement ont des fonctions précises en vertu de la loi depuis l’abolition du poste de premier ministre à l’époque de Mir Hossein Moussavi et la modification de la constitution avant le départ de l’Imam Khomeini. Par conséquent, la négociation de la question nucléaire avec les USA n’a rien à voir avec l’élection iranienne et l’identité du nouveau président.

Juste après le renversement du chah d’Iran et la victoire de la Révolution, l’Imam Khomeini a appelé à un référendum où le nombre absolu de votants a demandé l’instauration d’une « République islamique ». Le premier président élu a été Abolhassan Bani Sadr en 1980. À l’époque, l’imam Khomeini n’appuyait pas Bani Sadr, mais il a gardé ses opinions politiques pour ne pas influencer le résultat de l’élection.

« Je n’ai rien à voir avec celui qui deviendra président de la République, car cela ne me regarde pas. Personnellement, je n’ai qu’une voix, et je la donnerai à qui je veux parmi les candidats, et vous, le peuple d’Iran, êtes dans la même position », a alors déclaré l’Imam Khomeini.

Lors des élections présidentielles de 1985, Sayyed Ali Khamenei est devenu président après l’assassinat du président Mohammad Ali Rajaei : “L’imam Khomeini m’a dit que ma candidature était nécessaire et qu’il était de mon devoir islamique de me présenter à l’élection présidentielle. Cependant, je n’ai pas révélé la volonté de l’Imam Khomeini afin que mes paroles n’affectent pas le déroulement des élections, car les gens auraient voté pour celui que l’Imam Khomeini aurait chois)”, a déclaré Khamenei à une foule réunie en présence de l’Imam Khomeini. Cette déclaration indique comment le Wali al-Fakih, qui aime ou n’aime pas un candidat présidentiel, garde son opinion pour lui-même et n’interfère pas ou n’essaie pas d’influencer les élections en faveur pour ou contre un candidat élu par le peuple.

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