« L’alternative à l’accord sur le nucléaire iranien serait une nouvelle guerre au Moyen-Orient »

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

Les négociations marathons ont commencé sur une bonne note à Vienne entre l’Iran et les signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 autres que les USA, dont le président Donald Trump a déchiré l’accord en 2018. L’Iran refuse toujours la présence visible des USA dans la salle de réunion des négociations. Des informations négatives mais non fondées se sont répandues ces dernières heures quant à l’issue de la réunion entre l’Iran et les négociateurs occidentaux. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que l’optimisme règne pendant toutes les discussions. Il n’y aura pas d’accord tant que l’accord ne sera pas signé. La naissance d’un accord sur le nucléaire aux dispositions modifiées entre les USA et l’Iran ne se fera donc pas sans douleur.

L’on s’attend à ce que les négociations seront compliquées pour plusieurs raisons liées aux positions américaines et iraniennes, donc qu’un accord n’est pas à portée de main. En effet, les chances de succès pourraient s’écrouler sous le poids d’un échec tant que les USA n’exprimeront pas sérieusement des « intentions légitimes ».

L’Iran a plusieurs exigences pressantes et vitales. En font partie la levée des sanctions, une compensation pour toutes les pertes causées par le retrait unilatéral et les sanctions des USA, ainsi qu’une clause garantissant qu’aucune nouvelle sanction ne sera imposée et que les entreprises internationales seront autorisées à entrer en Iran.

« Ne négocions jamais par peur, mais n’ayons jamais peur de négocier. Laissons les deux parties explorer les problèmes qui nous unissent au lieu de s’attaquer à ces problèmes qui nous divisent. » C’est ce qu’a dit le président américain John F. Kennedy en 1961, une citation reprise par le président Barack Obama au milieu de 2015 lorsqu’il a annoncé la naissance de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Ce jour-là, à sa droite, le vice-président Joe Biden (le président actuel) se tenait debout, en apparence parfaitement d’accord avec le discours d’Obama.

À l’époque, Obama avait déclaré à juste titre, en occupant une position de force, que « l’accord n’est pas fondé sur la confiance, mais sous la garantie que les parties en respectent les modalités ». C’est la première pierre d’achoppement qui empêche les deux parties de revenir sur l’accord de 2015. Le manque de confiance déjà évident en 2015 s’est amplifié et s’est confirmé en 2021 à la suite du rejet de l’accord par le président Trump.Le président Obama a aussi déclaré ceci : « Après trois ans de négociations, les États-Unis sont parvenus à un accord qu’ils n’ont pu obtenir pendant des décennies (depuis la victoire de la Révolution islamique) d’hostilité. » L’état d’hostilité n’a rien perdu de sa vigueur, surtout après l’assassinat par les USA à Bagdad du plus célèbre officier iranien, le major général Qassem Soleimani, qui était en mission diplomatique à la demande du premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi. À cela s’ajoute la trame narrative selon laquelle les USA et Israël s’apprêtent à effectuer des exercices militaires en Méditerranée « en préparation à une éventuelle action militaire contre l’Iran ». Par conséquent, le langage de la diplomatie à Vienne coïncide avec le langage de l’escalade militaire verbale, insinuant une intention de « frapper aux portes » de la République islamique concrètement. Pour leur part, l’Iran et ses alliés se sont préparés en vue du pire si la diplomatie échoue et que la guerre devient une 

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