
Par Elijah J. Magnier
Traduction : Daniel G.
Il est de plus en plus évident que le premier ministre Benjamin Netanyahu n’a que faire des fêtes sacrées du ramadan et de l’Aïd al-Fitr. Son indifférence a privé les musulmans de Gaza de la possibilité de retrouver les membres de leur famille disparus, d’évaluer l’état de leurs maisons démolies ou de profiter d’un bref répit face à la menace de mort constante qui les assaille en raison de l’agression israélo-sioniste dans la bande de Gaza. On peut se demander si Netanyahou fera preuve du même mépris pour la fête juive de Pessah (Pesach en hébreu), la fête juive la plus sacrée qui commémore l’exode des israélites de l’ancienne Égypte et leur traversée miraculeuse de la mer Rouge sous la conduite du prophète Moïse. La fête de Pessah commence le 22 de ce mois. Netanyahou évitera-t-il de parvenir à un accord de cessez-le-feu, même provisoire, après les négociations infructueuses du Caire et de Doha? Laissera-t-il plutôt les choses au point mort en donnant à ses troupes un congé pour se remettre avant la reprise des combats? Les perspectives d’un échange de prisonniers semblent encore bien lointaines.
L’armée israélienne a remporté des victoires tactiques dans le nord, le centre et le sud de Gaza. Mais les contre-mesures élaborées de la Résistance palestinienne ont entraîné aussi des revers tactiques qui se sont transformés en un état de fatigue militaire et politique pour Israël et pour Netanyahu personnellement. Le conflit de Gaza est devenu un bourbier et Netanyahou est aujourd’hui tenu responsable de la détérioration de la situation, ce qui constitue un changement notable par rapport à la période précédant le conflit, où ses préoccupations étaient principalement d’ordre juridique, car il faisait face à des allégations de corruption et s’employait à limiter l’autonomie du système judiciaire. Il est désormais accusé de ne pas avoir protégé les colons, de ne pas avoir empêché les événements du 7 octobre, d’avoir contribué à la mort de trois prisonniers israéliens tués par les forces israéliennes après une évasion audacieuse, et d’avoir mis en danger d’autres vies de prisonniers en refusant de négocier leur libération. Ces actions ont fait d’Israël un « État » paria, condamné par ses amis comme par ses ennemis.
Netanyahou et les partenaires de la ligne dure de son gouvernement sont déterminés à poursuivre leurs objectifs sans se soucier du bien-être des otages et des Palestiniens déshumanisés. Ils ont lancé de lourdes opérations militaires à Gaza et étendu les colonies en période de guerre, alors même que des acteurs internationaux appellent à un cessez-le-feu et dressent la liste de leurs transgressions. Cette stratégie sert à apaiser les extrémistes au sein du gouvernement, qui ont menacé de démissionner si le conflit prenait fin, en sanctionnant la saisie de 8 000 dounams de territoire en Cisjordanie, qui constitue l’annexion illégale de terres la plus importante depuis la création d’Israël en 1948.Malgré la pression politique intense exercée par les USA, qui ont appelé à une cessation immédiate des hostilités et donné des pouvoirs à l’équipe de négociation israélienne, Netanyahou s’est montré peu enclin à conclure un accord d’échange avec le Hamas. Son intransigeance sur des questions essentielles, commel’autorisation pour les Palestiniens de retourner dans le nord et l’établissement d’un cessez-le-feu permanent, va à l’encontre des demandes fondamentales de la Résistance palestinienne et révèle les faux-fuyants
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