De Téhéran à Beyrouth, passage d’une action militaire ouverte à des activités de renseignement discrètes

Par Elijah J. Magnier 

Traduction : Daniel G.

La Résistance libanaise est aujourd’hui confrontée à un défi complexe : répondre à des actions militaires comme l’assassinat du membre du Conseil du Djihad, le commandant Fouad Shukr, par des ripostes militaires explicites. De même, l’Iran doit composer avec les répercussions de l’assassinat du chef politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, à Téhéran, et a promis des représailles directes. Cette riposte est toutefois compliquée par le fait que les missiles avancés, les préparatifs et les drones iraniens doivent être lancés publiquement, ce qui les rend visibles pour les dizaines de satellites qui surveillent constamment l’Asie occidentale, et l’Iran en particulier, réduisant ainsi l’effet de surprise.

Pendant ce temps, l’OTAN, dirigée par les États-Unis, se prépare à aider Israël en tentant d’intercepter un grand nombre de ces attaques iraniennes grâce à un imposant dispositif d’aéronefs et de missiles intercepteurs. Tout missile lancé depuis l’Iran vers Israël devra parcourir au moins 1 700 kilomètres et franchir plusieurs frontières. La République islamique devra alors informer ces pays que les missiles ne leur sont pas destinés, ce qui permettra aux États-Unis et à leurs alliés du Moyen-Orient d’être prévenus à l’avance, non seulement par les services de renseignement, mais aussi par les pays mêmes dont l’espace aérien pourrait être traversé par les missiles. Ce scénario signifie que seul un nombre limité de missiles est susceptible d’atteindre leur cible, compte tenu notamment des capacités d’interception multicouches occidentales, moyen-orientales et israéliennes.

Le premier ministre Benjamin Netanyahou semble disposé à tolérer une attaque iranienne tant qu’elle ne vise que des sites militaires pendant que les États-Unis tentent d’empêcher une escalade qui pourrait paralyser l’économie mondiale. Netanyahou s’attend à ce que la société israélienne considère ses actions comme un succès, puisqu’il a persuadé les États-Unis et d’autres puissances occidentales d’envoyer d’importants renforts militaires au Moyen-Orient pour défendre Israël. Ses assassinats ciblés illégaux à Beyrouth et à Téhéran ont contraint ses ennemis à faire un choix difficile : soit une réponse équilibrée, soit une guerre ouverte, dans l’espoir que l’Occident soit prêt à affronter celui qui est perçu comme le tyran du Moyen-Orient, Benjamin Netanyahou.

Ces mesures d’escalade ont renforcé le soutien de Netanyahou parmi les Israéliens, même si sa popularité a baissé, qui dépasse l’appui accordé à ses rivaux politiques qui sont en faveur d’un cessez-le-feu et d’un accord final avec la Résistance palestinienne pour libérer les prisonniers israéliens.

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