Israël s’attaque au passé du Hezbollah au détriment du présent : l’histoire du démantèlement de l’unité 910 

Par Elijah J. Magnier – 

Traduction : Daniel G.

Dans sa guerre contre le Hezbollah, Israël a atteint un stade où chaque membre ou commandant, quel que soit son rang ou son rôle opérationnel actuel, est considéré comme une cible légitime. Qu’ils conduisent ou marchent dans la rue, qu’ils soient avec leur famille ou dans des bâtiments civils, les agents du Hezbollah sont désormais pris pour cibles. Les victimes civiles sont de plus en plus considérées comme des dommages collatéraux, un prix qu’Israël (soutenu sans réserve par les États-Unis) est prêt à payer en l’absence d’une dissuasion totale et compte tenu de la décision calculée du Hezbollah d’éviter une confrontation ouverte.

Ce changement dans les règles d’engagement d’Israël oblige le Hezbollah à retourner dans l’ombre. Ses membres, à tous les niveaux, reviennent aux racines du mouvement : méthodes clandestines, modes de vie modestes, silence opérationnel strict, réformes draconiennes et focalisation renouvelée sur les objectifs nationaux libanais. Ce qui était autrefois une résistance sûre d’elle-même et semi-publique doit maintenant adopter la posture d’une force secrète et souterraine.

Du point de vue d’Israël, toute figure du Hezbollah (passée ou présente) reste une proie facile, en particulier celles qui ont juré de combattre Israël et de prier à Jérusalem. Toutefois, il est de plus en plus probable que le Hezbollah se soit discrètement éloigné de cette doctrine générale. Son objectif opérationnel semble désormais se limiter à la libération du territoire libanais occupé par Israël, une position ancrée dans l’article 51 de la Charte des Nations unies, qui garantit le droit à la légitime défense, ainsi que dans de nombreuses résolutions de l’ONU affirmant le droit des populations à résister à l’occupation, avec ou sans le soutien explicite de l’État.

Un assassinat israélien récent a mis en évidence cette évolution tout en révélant de graves lacunes dans les services de renseignement israéliens. L’assassinat d’Hassan Bdeir n’était pas une frappe de précision contre une menace active. Ancien acteur clé des opérations extérieures du Hezbollah, Bdeir était resté inactif pendant une longue période depuis son retour de Syrie il y a plusieurs années. Présentée comme une frappe contre un complot du Hamas et du Hezbollah visant un avion de ligne civil israélien à Chypre, l’opération n’a pas passé l’examen qui a suivi. La menace n’était pas fondée et l’homme n’occupait plus le poste pour lequel il a été tué.

La véritable histoire de cet assassinat n’est pas la prévention d’un complot, mais le ciblage du passé par Israël. Ce faisant, Israël a peut-être révélé davantage ce qu’il ignore que ce qu’il sait. L’association passée de Bdeir avec la défunte Unité 910 du Hezbollah, l’aile des opérations étrangères qui a été dissoute après une infiltration désastreuse en 2014, appartient à un autre chapitre. Bdeir a été accusé de diriger l’unité 3900 et de planifier une attaque en coordination avec le Hamas, mais les allégations se sont révélées sans fondement à la suite d’un examen. Bdeir n’a pas été actif au sein de l’unité 3900 depuis des années. Son dernier lien, il y a près de 10 ans, était avec l’unité 910, chargée des opérations à l’étranger et du sabotage.L’unité 910 a été discrètement démantelée en 2015, mettant ainsi fin à la structure la plus secrète et la plus étendue du Hezbollah. L’effondrement ne s’est pas produit à l’issue de combats, mais à …

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