
Par Elijah J. Magnier
La visite à Moscou de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff n’a rien d’une démarche diplomatique habituelle. Elle constitue le signe le plus clair à ce jour que Washington teste un canal parallèle avec le Kremlin après une longue période d’impasse, d’initiatives avortées et d’épuisement sur le champ de bataille. Cela peut sembler un déplacement discret d’un magnat de l’immobilier proche du président Donald Trump, mais son poids politique est bien plus conséquent. Witkoff n’est pas un diplomate, et c’est précisément pour cela qu’il est là. Sa mission n’est pas de négocier la paix, mais de déterminer si une paix est même envisageable et si un accord de type commercial, semblable à celui obtenu à Gaza, peut être trouvé.
Pour la première fois depuis l’effondrement des discussions d’Istanbul en avril 2022, les deux parties cherchent à savoir si un cessez-le-feu peut se fonder sur la réalité militaire plutôt que sur des slogans diplomatiques. Dans toute guerre, la diplomatie suit la réalité du champ de bataille, jamais l’inverse. La Russie détient désormais l’initiative. L’Ukraine est sur la défensive. Et Washington sait mieux que quiconque que la carte du front – et non les discours ou les sanctions – déterminera la prochaine étape. La vraie question aujourd’hui n’est pas ce que veut la Russie, mais si les États-Unis sont prêts à exercer une pression sur l’Ukraine pour conclure un accord, ou s’ils préfèrent gérer la guerre indéfiniment sans laisser Kyiv s’effondrer. La présence de Witkoff à Moscou indiquera vers quelle option s’oriente Washington.
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