
Les États-Unis ne cherchent plus des résultats décisifs sur le champ de bataille. Ils imposent désormais une stratégie de séquençage dans laquelle l’escalade est repoussée, les conflits gelés et les cadres politico-économiques placés au premier plan. Israël, longtemps habitué à façonner les événements par l’initiative militaire, se retrouve aujourd’hui de plus en plus contraint par cette approche.
Comme largement anticipé, Israël ne s’est pas conformé à l’accord de cessez-le-feu ni à ses dispositions. L’une des violations les plus précoces et les plus lourdes de conséquences concerne l’accès humanitaire. L’accord prévoyait l’entrée quotidienne de 600 camions d’aide humanitaire à Gaza. En pratique, Israël n’en autorise pas plus de 220 par jour, alors que Gaza nécessite plusieurs milliers de camions quotidiennement pour faire face aux effets d’une guerre prolongée et de mois de famine imposée par la politique israélienne.
Parallèlement, le dossier des prisonniers arrive à son terme. Sur les 255 captifs israéliens enlevés le 7 octobre, un seul reste non localisé. Tous les autres ont été recensés, soit libérés vivants, soit restitués décédés, conformément au premier article de l’accord. La localisation du dernier groupe de prisonniers israéliens s’est révélée particulièrement difficile en raison des bombardements indiscriminés menés par Israël à Gaza, de la destruction massive et du bulldozage des habitations palestiniennes, ainsi que de l’injection délibérée de ciment dans les tunnels du Hamas, où plusieurs captifs auraient été détenus.
Malgré l’achèvement quasi complet de cette obligation centrale, aucune force multinationale de stabilisation n’a été déployée à Gaza, contrairement à ce qui était prévu dans la deuxième phase du plan du président américain Donald Trump, qui a mis fin à près de deux années de guerre dans l’enclave. Dans le même temps, plus de deux millions de Palestiniens restent confinés à environ 40 % des 360 kilomètres carrés de Gaza. Cette population est cantonnée dans des zones désignées — et progressivement étendues — par Israël comme une « ligne de sécurité jaune », en attendant la mise en œuvre du plan et un redéploiement israélien vers une ligne secondaire qui consacrerait néanmoins une zone tampon permanente.
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