
Entretiens Trump–Netanyahu : le programme balistique iranien prime tandis que Gaza et le Liban restent en suspens
L’Iran appelle le Hezbollah à combattre tandis que l’Irak met en garde al-Sharaa contre toute escalade au Liban
Par Elijah J. Magnier –
La visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu aux États-Unis et ses rencontres avec le président Donald Trump et de hauts responsables de l’administration s’inscrivent dans un contexte de visions stratégiques nettement divergentes. Si les deux parties parlent de résoudre les crises régionales, elles divergent profondément sur ce que signifie réellement une « résolution » et jusqu’où elle doit aller. À y regarder de plus près, la notion de grands accords s’effondre rapidement. Malgré les tentatives de présenter la visite comme un arrangement global fondé sur des concessions croisées – Gaza contre l’Iran, le Liban contre la Syrie – la réalité renvoie plutôt à des pressions qui se superposent. Chaque théâtre obéit à ses propres contraintes, rythmes et dynamiques internes.
Au cœur de la visite de Netanyahu figure avant tout l’Iran, principal point à l’ordre du jour convenu. Ce n’est pas le programme nucléaire iranien qui serait « immédiatement détruit », comme l’a affirmé le président Donald Trump, mais bien le programme balistique, un recentrage qui signale la proximité d’un nouveau cycle de confrontation. Tout le reste – Gaza, le Liban, la Syrie, voire le Yémen – demeure important, mais est traité comme secondaire, plus lent, instrumental ou tactique. La véritable divergence entre Netanyahu et Trump ne porte pas sur la nécessité d’affronter l’Iran, mais sur l’ampleur qu’une confrontation conjointe devrait prendre et sur le coût qu’elle impliquerait.
Du point de vue de Netanyahu, la visite relève moins de la coordination que du confinement. Son objectif principal est de dissuader Trump d’exercer des pressions en faveur de concessions substantielles susceptibles de restreindre la liberté d’action militaire d’Israël. La stratégie de Netanyahu repose sur le report des décisions : retarder les choix décisifs, préserver les dynamiques existantes et recourir à des assassinats ciblés et à des bombardements sélectifs lorsque la pression devient inévitable. Netanyahu poursuit en réalité un objectif différent : instaurer un état permanent de tension stratégique maintenant l’Iran sous contrainte, Gaza non résolu, le Liban instable et la Syrie fragmentée – sans basculer dans une guerre ouverte contre l’Iran qu’Israël ne pourrait mener sans la participation directe des États-Unis.
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