Si les États-Unis contrôlent le pétrole du Venezuela, peuvent-ils supplanter les pays riches en hydrocarbures et façonner les marchés de l’énergie ?

Par Elijah J. Magnier –

Le développement spectaculaire par lequel les États-Unis affirment exercer un contrôle effectif sur les immenses réserves pétrolières du Venezuela – les plus importantes réserves prouvées au monde – a de profondes implications pour la politique énergétique mondiale, pour le pouvoir des cartels de l’OPEP et pour la structure future de l’offre et de l’influence sur les prix sur les marchés internationaux du pétrole. Le président Donald Trump a annoncé que « les États-Unis contrôleront indéfiniment les ventes de pétrole vénézuélien sous sanctions ». Toutefois, l’idée selon laquelle Washington pourrait simplement ignorer l’OPEP, produire à sa guise et dicter les prix mondiaux exige de sérieuses nuances. Trump devra en effet bientôt négocier des conditions concrètes et des modifications du cadre commercial et juridique régissant les investissements pétroliers américains au Venezuela, si des engagements de capitaux à grande échelle doivent se matérialiser.

Le contexte est déterminant. Le Venezuela détient environ 17 % des réserves mondiales prouvées de pétrole, estimées à quelque 300 milliards de barils – davantage que tout autre pays pris individuellement. Pourtant, après des années de sous-investissement, de corruption, de mauvaise gestion et de sanctions, sa production réelle s’est effondrée à moins d’un million de barils par jour – soit moins de 1 % de l’offre mondiale – très en deçà de ses pics historiques et bien en dessous de sa capacité théorique. Cela illustre un paradoxe central : le potentiel brut du pétrole vénézuélien est immense, mais transformer ce potentiel en une offre significative dans le monde réel ne sera ni immédiat ni simple.

À la suite de l’opération militaire américaine de janvier 2026 qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro, des responsables américains ont annoncé qu’ils prendraient le contrôle des ventes de pétrole du Venezuela, en commençant par diriger les stocks existants de brut vers les marchés mondiaux et en gérant les exportations futures via des circuits approuvés par les États-Unis. L’administration présente cette politique non comme un pillage, mais comme un moyen de stabiliser l’économie vénézuélienne et de garantir que les revenus pétroliers servent les intérêts des États-Unis et du Venezuela.

Dans les faits, cette politique place Washington, pour la première fois, dans une position de levier sans précédent sur un grand producteur de pétrole historiquement membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Contrairement aux engagements américains antérieurs, principalement fondés sur la diplomatie et les sanctions, cette approche vise un contrôle direct des modalités, des calendriers et des destinations de commercialisation du pétrole vénézuélien.

Cependant, le contrôle des canaux de commercialisation et des flux de revenus est très différent d’une augmentation de la production ou d’un façonnage unilatéral des prix mondiaux du pétrole.

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