
Par Elijah J. Magnier
Le président Donald Trump a redoublé de menaces en évoquant le bombardement de l’Iran et le déclenchement d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Il a affirmé que l’Iran avait décidé de suspendre l’exécution de 800 émeutiers et que cette décision, à elle seule, aurait suffi à arrêter la campagne militaire avant même qu’elle ne commence. D’autres sources américaines ont avancé une explication différente : Israël n’était pas prêt et rien ne garantissait que ses missiles d’interception auraient été capables de stopper des frappes iraniennes si Téhéran avait choisi de frapper les États-Unis là où cela aurait fait le plus mal, en visant les moins de 20 000 kilomètres carrés qu’Israël occupe en Palestine. L’essentiel, toutefois, ne réside pas dans ces récits concurrents, mais dans la leçon contenue dans la tension elle-même. Pendant près de deux semaines, le Moyen-Orient a retenu son souffle, suspendu entre escalade et retenue, dans l’attente d’une guerre totale qui n’a finalement pas eu lieu.
Il est devenu acceptable de promouvoir ouvertement un coup d’État contre un gouvernement iranien que l’Occident lui-même qualifiait autrefois de « pragmatique » et qui a été démocratiquement élu. Des actions qui seraient ailleurs dénoncées comme des actes de guerre sont présentées comme un soutien à la démocratie : l’acheminement de commandos via le Kurdistan, le transfert d’environ 40 000 terminaux Starlink et de 60 000 armes automatiques dans le pays avant les troubles, puis la présentation des violences qui ont suivi comme l’œuvre de « manifestants pacifiques ayant besoin du soutien du monde ». Il ne s’agit pas d’une défense des droits humains ou des valeurs démocratiques, mais de la normalisation de la subversion, de l’ingérence armée et de la tromperie collective. Cela traduit un profond mépris pour le droit international, la souveraineté des États et la volonté exprimée par une population ayant choisi ses dirigeants par les urnes.
L’Iran est sorti de la dernière confrontation avec son système politique intact, malgré une pression soutenue des États-Unis et d’Israël. Ni la coercition extérieure ni la déstabilisation interne n’ont réussi à démanteler la structure du pouvoir en place. Cet échec est révélateur, non seulement de l’évolution des capacités étatiques iraniennes, mais aussi des limites des stratégies de changement de régime lorsqu’elles sont appliquées à une société qui s’est adaptée à des décennies de pression, de sanctions, d’opérations clandestines et de menaces militaires. Ce qui s’est déroulé relevait moins d’une crise que d’un exercice grandeur nature de gestion du stress, dont Téhéran semble avoir tiré plusieurs conclusions stratégiques.
Qu’a déduit l’Iran des fortes tensions des dernières semaines ?
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