
Par Elijah J. Magnier
Un consensus croissant semble émerger en Israël concernant la règle d’engagement imposée par l’Iran qui lie Beyrouth au nord d’Israël. Selon cette équation, toute attaque israélienne majeure contre la banlieue sud de Beyrouth entraînerait une réponse directe iranienne contre le territoire israélien. Pour une grande partie de l’establishment politique et sécuritaire israélien, cette équation est fondamentalement inacceptable, car elle limite de facto la liberté d’action militaire d’Israël et permet à Téhéran de déterminer le coût des futures opérations au Liban. En conséquence, la pression augmente au sein de la société israélienne et parmi les responsables politiques pour rejeter ce cadre et rétablir ce que beaucoup considèrent comme la liberté d’Israël d’agir militairement partout où il l’estime nécessaire.
La question dépasse largement la relation entre Israël et l’Iran. Elle touche au cœur de la confrontation plus large entre Israël et le Hezbollah ainsi qu’à l’avenir de la campagne militaire dans le sud du Liban. Les dirigeants israéliens affirment avoir déjà consenti d’importantes concessions en acceptant une situation dans laquelle le Hezbollah continue de cibler les forces israéliennes déployées le long de la frontière libanaise et à l’intérieur des territoires libanais occupés. Selon les chiffres annoncés par Israël, au moins 30 officiers et soldats ont été tués et 1 291 autres blessés depuis le mois de mars seulement. Ces pertes ont renforcé l’attention portée par l’opinion publique à la présence militaire dans le sud du Liban et alimenté des critiques croissantes concernant l’efficacité de la stratégie israélienne actuelle.
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