
Par Elijah J. Magnier –
Benjamin Netanyahu traverse l’un des moments politiques les plus dangereux de sa carrière. Depuis plus de trois décennies, il présente le programme nucléaire iranien comme la menace existentielle centrale pour Israël et affirme de manière répétée que seule une action décisive pourrait l’éliminer. Ce qui avait commencé par des avertissements à la Knesset au début des années 1990 est devenu, au fil des décennies, le principe organisateur de sa doctrine régionale : l’Iran devait être contenu, affaibli et, à terme, privé de la profondeur stratégique que lui procurent ses alliés au Liban, à Gaza, en Syrie, en Irak et au Yémen.
Cette doctrine atteint aujourd’hui son épreuve la plus critique. Après la destruction d’une grande partie de Gaza, la dévastation de vastes zones du sud du Liban, l’extension des opérations militaires vers le Yémen et la guerre directe contre l’Iran, Netanyahu attendait une transformation stratégique du Moyen-Orient. Il s’attendait à ce que l’Iran soit brisé, que son programme nucléaire soit démantelé, que sa puissance balistique soit neutralisée et que ses alliés soient détachés de Téhéran. Il espérait voir Israël émerger comme la puissance régionale incontestée, soutenue par les États-Unis et crainte par tous ses voisins.
Au lieu de cela, il se retrouve pris au piège entre une société israélienne épuisée, un président américain imposant ses propres priorités et un mémorandum d’accord américano-iranien signé sans qu’Israël soit présent à la table.
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