La passation de Gaza par le Hamas : un repli tactique, non une reddition stratégique

Par Elijah J. Magnier –

Plus de 1 000 jours après l’attaque du 7 octobre 2023 et le début de la guerre dévastatrice d’Israël contre Gaza, le conflit est entré dans l’une de ses phases les plus trompeuses. Le mot « cessez-le-feu » existe sur le papier, mais les tueries n’ont pas cessé. Les frappes israéliennes se poursuivent presque quotidiennement, les Palestiniens continuent de mourir, la reconstruction reste bloquée et la population de Gaza demeure piégée entre un espace urbain détruit, des zones contrôlées par Israël, l’autorité résiduelle du Hamas et un plan international qui ne s’est pas encore traduit par une gouvernance fonctionnelle. Plus de 1 000 Palestiniens ont été tués par les tirs israéliens depuis le seul cessez-le-feu d’octobre 2025 négocié par les États-Unis. Des frappes israéliennes ont encore tué au moins cinq personnes à Gaza le jour même où le Hamas a annoncé la dissolution de son organe de gouvernement.

C’est dans ce contexte que le Hamas a annoncé, le 6 juillet 2026, avoir dissous son gouvernement de facto à Gaza et se préparer à transférer l’autorité civile au Comité national pour l’administration de Gaza, un organe technocratique palestinien soutenu par les États-Unis, présidé par Ali Shaath, ingénieur originaire de Gaza et ancien responsable de l’Autorité palestinienne. L’annonce a aussitôt été présentée par le Hamas comme une étape vers la mise en œuvre du cadre de cessez-le-feu négocié par les États-Unis, tandis qu’Israël l’a rejetée comme une manœuvre destinée à éviter la question centrale du désarmement.

Ce geste ne doit pas être mal compris. Le Hamas n’a pas capitulé. Il n’a pas dissous sa branche militaire. Il n’a pas accepté le principe selon lequel ses armes devraient être transférées à une force extérieure avant un retrait israélien. Ce qu’il a fait, c’est abandonner, au moins formellement, le fardeau civil de la gouvernance de Gaza à un moment où gouverner est devenu davantage un passif qu’un atout. Il s’agit d’un repli tactique hors de l’administration, et non d’un abandon stratégique du pouvoir.

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