Washington veut récupérer l’ancien Hormuz. L’Iran ne le permettra pas.

Par Elijah J. Magnier –

Le différend autour de la redevance de service proposée par l’Iran dans le détroit d’Hormuz est présenté comme une provocation, une prise de pouvoir ou un péage déguisé imposé au transport maritime international. Cette lecture est trop étroite. La redevance n’est pas le véritable enjeu. Elle est le test. Le véritable enjeu est de savoir si les États-Unis, les États du Golfe et le système international au sens large peuvent accepter que le détroit d’Hormuz ne revienne pas à l’ordre qui existait avant la guerre américano-israélienne de février 2026.

Pour Téhéran, le mémorandum d’entente ressemble de plus en plus non pas à un accord, mais à un exercice de vœu pieux : un document signé en personne par Donald Trump à Versailles, devant les dirigeants du monde, mais que Washington semble désormais déterminé à vider de sa substance. Il promettait une sortie de guerre. Pourtant, du point de vue iranien, les États-Unis utilisent la pause pour reconstituer leur position militaire, remplir leur réserve stratégique de pétrole, affaiblir le levier iranien au Liban, réaffirmer leur contrôle sur Hormuz, puis revenir à la pression depuis une position plus forte, sans lever pleinement les sanctions ni libérer les avoirs gelés de l’Iran.

C’est pourquoi l’Iran est prêt à prendre le risque de glisser de nouveau vers la guerre. Non pas parce qu’une redevance de service serait économiquement décisive, mais parce qu’accepter l’ancien ordre maritime reviendrait à accepter que la guerre n’ait rien changé. Cela signifierait que l’Iran a subi la campagne israélo-américaine, absorbé les frappes, démontré sa portée régionale, pour finalement revenir à la case départ : sanctionné, encerclé, sous pression au Liban, privé de ses avoirs et exclu de la gestion du détroit qui borde son propre littoral.

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