Le précédent d’Ormuz : le déclin de la puissance américaine transforme-t-il les détroits maritimes en points de péage?

Par Elijah J. Magnier

La confrontation entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz pourrait avoir des conséquences dépassant largement le Golfe. Donald Trump ne semble disposer ni d’une stratégie de guerre cohérente ni d’une voie de sortie crédible. N’ayant réussi ni à contraindre l’Iran à capituler ni à rétablir la navigation dans le détroit selon les conditions américaines, il pourrait conclure qu’une nouvelle campagne de bombardements de grande ampleur est nécessaire avant de pouvoir proclamer la victoire et chercher une issue au conflit.

L’ampleur des mesures de précaution américaines indique que Washington se prépare à une possible escalade régionale. Les missions diplomatiques américaines au Moyen-Orient, notamment à Oman, en Irak, aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Israël, en Jordanie, en Égypte, en Arabie saoudite, à Bahreïn et au Koweït, ont exhorté les ressortissants américains à partir tant que les moyens de transport commerciaux restent disponibles et à se préparer à des annulations de vols, à des fermetures de l’espace aérien et à de graves perturbations des déplacements.

Ces avertissements ne prouvent pas qu’une attaque majeure a déjà été décidée. Ils démontrent néanmoins que Washington juge la perspective d’une riposte iranienne à grande échelle suffisamment plausible pour y préparer ses ressortissants. Ils montrent également que les États-Unis ne sont pas convaincus de pouvoir contenir les conséquences de leur prochaine initiative militaire.

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