Quand un passé nazi devient acceptable : de l’ouverture du Lehi à l’Allemagne nazie au rapprochement d’Israël avec l’extrême droite autrichienne

Par Elijah J. Magnier –

Les dirigeants actuels d’Israël semblent avoir établi une remarquable hiérarchie morale. Un parti européen issu d’un mouvement fondé par d’anciens nazis peut être accueilli dans le dialogue politique s’il soutient Israël, s’oppose à l’immigration musulmane et promet de transférer l’ambassade de son pays à Jérusalem. Dans le même temps, les gouvernements, les organisations internationales et les voix juives qui contestent la conduite d’Israël envers les Palestiniens peuvent être dénoncés comme hostiles ou antisémites.

Il ne s’agit pas simplement de pragmatisme diplomatique. Cette attitude s’inscrit dans une longue tradition politique où les origines idéologiques d’un mouvement deviennent secondaires dès lors qu’il peut se montrer utile. La question décisive n’est plus de savoir ce que ce mouvement croyait, qui il persécutait ou quelles forces historiques l’ont produit. Elle est de savoir s’il soutient les objectifs politiques d’Israël.

Cette logique a un précédent dérangeant. En 1940–1941, alors que les Juifs d’Europe étaient persécutés sous l’occupation nazie, l’organisation clandestine sioniste Lehi proposa de coopérer avec l’Allemagne nazie contre la Grande-Bretagne. Plus de huit décennies plus tard, le gouvernement israélien s’oriente vers un dialogue officiel avec le Parti de la liberté d’Autriche, le FPÖ, dont les origines institutionnelles comprennent d’anciens nazis et officiers SS.

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