La bataille au sud de la Syrie tire à sa fin : Israël s’est plié à la volonté des Russes

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Par Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

Deux semaines seulement après le début de l’opération militaire, les djihadistes et les militants de la majeure partie de la région rurale de Daraa au sud-ouest de la Syrie se sont rendus ou ont été débordés, les villages qu’ils occupaient ayant été libérés par l’armée syrienne. Parallèlement, Israël a réduit ses exigences ou conditions prononcées ces deux dernières semaines. Les menaces proférées en réaction à l’approche de l’armée syrienne vers le sud sont devenues des menaces à l’endroit de Damas s’il pousse ses forces au-delà de la zone de désengagement délimitée en 1974 entre la Syrie et Israël. Cela signifie clairement que tous les joueurs (USA, Israël, Jordanie, Arabie saoudite) ont laissé tomber les djihadistes et les militants qu’ils ont entraînés en leur tournant le dos, les laissant dorénavant à eux-mêmes.

Pendant plus de sept ans, Israël a fourni aux djihadistes et à leurs alliés des renseignements de sécurité et une aide financière, militaire et médicale. Israël a affirmé à de nombreuses reprises qu’il préférait voir le groupe armé « État islamique » que des forces iraniennes à sa frontière. Israël a souvent montré des images de militants d’al-Qaeda dans des hôpitaux israéliens, qui se remettaient des blessures subies lors d’affrontements avec les forces de Damas. Il est clair que les visées d’Israël ont échoué maintenant qu’il en est réduit à déclarer que sa ligne rouge, c’est la zone de désengagement délimitée en 1974. Israël prêche dans le désert, car l’armée syrienne a l’intention et les moyens de défaire tous les djihadistes et les militants qui ont été approvisionnés par des pays étrangers. Il n’est jamais venu à l’esprit de la Syrie de déclencher une nouvelle guerre contre Israël avant la libération du territoire syrien dans le nord.

Les alliés syriens participent à la bataille du sud comme conseillers et unités de relève pour combler les lacunes seulement si la lutte devient décisive sur tel ou tel front. Jusqu’à maintenant, les djihadistes et les militants sont défaits facilement et offrent peu de résistance. On se demande maintenant comment va réagir Daech (le groupe armé « État islamique », alias Jaish Khaled Bin al-Walid), qui est déployé sur la zone de désengagement de 1974. Malgré cela, le nombre de terroristes est estimé entre 1 500 et 2 000, un nombre relativement faible comparativement aux dizaines de milliers que l’armée syrienne a dû affronter dans la Badia, à Deir Ezzor et à Albou Kamal au nord et au nord-est et qu’elle a réussi à éradiquer complètement.

Le président syrien Bachar al-Assad a ignoré toutes les menaces israéliennes ayant trait à la participation de conseillers iraniens et de forces spéciales du Hezbollah à la bataille dans le sud syrien. Il faut dire que la Russie comprend la nécessité de la présence des alliés de Damas sur le terrain, ce qui fait en sorte que l’opération est entièrement soutenue et que le succès est garanti. Moscou a vu aussi les conseillers iraniens et du Hezbollah se retirer de chaque bataille où l’armée syrienne l’emportait. Ainsi, le président Poutine peut garantir à son homologue américain Donald Trump qu’aucun conseiller iranien ou du Hezbollah ne reste derrière à la frontière israélienne. Cela a suffi à Trump pour informer Israël que les USA n’ont pas de raison de croire que la présence de l’armée syrienne à sa frontière l’expose à un danger.

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Weapons found by the Syrian Army in Daraa during the battle of south Syria

Pendant presque 45 ans, Damas n’a pas lancé d’attaque sérieuse contre Israël à partir de la zone de désengagement de 1974 le long des hauteurs du Golan occupé. Il n’y a pas de comparaison à faire entre la présence de forces régulières syriennes et la présence de Daech, un groupe terroriste, sur les hauteurs du Golan occupé. En fait, il sera impossible pour le président Trump de défendre la cause d’Israël en protégeant Daech et en attaquant l’armée syrienne qui est déterminée à reprendre son propre territoire et à réduire à néant la présence de Daech au sud de la Syrie.

La bataille en cours au sud de la Syrie est une bataille tactique. Elle s’intensifiera sur un front et s’apaisera sur l’autre. La bataille a pratiquement atteint son premier objectif. Dans les prochains jours, le passage frontalier de Nassib entre la Jordanie et la Syrie sera sécurisé, ce qui permettra aux deux pays de récupérer les centaines de millions de dollars qu’ils retiraient annuellement de leurs échanges commerciaux.

Au cours de la seconde étape, l’armée syrienne poussera ses forces vers le sud-ouest de Daraa. Il n’y a pas de temps précis alloué pour la fin de la bataille. Son issue est toutefois facilement prévisible. L’armée syrienne reprendra le contrôle du territoire syrien, notamment de la ville de Daraa, où les pays impliqués dans le « changement de régime » (Arabie saoudite, Jordanie, USA, R.-U., Qatar) ont entrepris leur approvisionnement d’armes et d’argent à partir du sud. Tout ce qu’ils sont parvenus à faire, c’est de détruire le Levant (400 milliards de dollars sont nécessaires à la reconstruction de la Syrie), de causer la mort de quelque 400 000 personnes et de créer des millions de personnes déplacées et de réfugiés.

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