Les USA lancent un appel à la paix et reconnaissent leurs erreurs du passé

Par Elijah J. Magnier: @ejmalrai

Traduction : Daniel G.

« À titre de président des États-Unis d’Amérique, je demande pardon pour toutes les souffrances que nous avons causées dans le monde pendant des décennies, en particulier au Moyen-Orient. Je m’excuse pour toute la douleur causée au peuple iranien en lui infligeant des sanctions énergiques très lourdes dans l’espoir d’affaiblir sa souveraineté et de le soumettre à notre hégémonie. Je regrette, au nom de l’administration précédente, d’avoir convaincu les pays arabes que l’Iran est leur ennemi et qu’ils ont besoin de nos armes et de notre protection pour se défendre contre une attaque iranienne qui n’a jamais eu lieu. L’objectif réel était de pouvoir vendre nos armes et transformer le Moyen-Orient en un vaste entrepôt d’armes « Made in USA » au profit de notre industrie de l’armement. Je me repens pour mon pays qui a contribué au renversement du régime iranien par le passé et qui a cherché, jusqu’à maintenant, de déstabiliser l’ensemble du Moyen-Orient. 

« J’ai des remords pour mon pays d’avoir observé sans intervenir Daech prendre de l’expansion en Irak et se déplacer en Syrie. Notre objectif était de créer des États en déliquescence au Levant et en Mésopotamie. Regrouper tous les djihadistes dans le pays de leurs rêves, le Bilad al-Cham, aurait permis aux USA et à leurs alliés, principalement Israël, de prendre de l’expansion et d’occuper le territoire syrien sans obstacle. Nous ne nous sommes pas souciés des vies de tous ces Syriens, en les entrant dans la catégorie des « dommages collatéraux », une expression utilisée par les toutes les administrations précédentes pour dissimuler leurs actes criminels, y compris les meurtres de centaines de milliers de civils. Rien ne justifiait notre volonté d’empêcher le peuple syrien de rebâtir son pays. Nous l’avons fait en imposant des sanctions brutales, en mettant de la pression sur la Jordanie pour qu’elle limite les échanges commerciaux, en occupant le passage frontalier d’al-Tanf pour fermer la porte à tout commerce avec la Syrie, et en maintenant des forces au nord-est de la Syrie dans le but de donner un État aux Kurdes, pour les laisser ensuite aux mains de la Turquie. Nous ne savions pas vraiment ce que nous faisions et n’avions aucune stratégie, parce que nous ne connaissions absolument rien des réalités du Levant. 

« Je m’attriste au nom des USA pour tous ces Irakiens tués par nous directement ou en conséquence des mesures que nous avons prises. Nous avons détruit et pillé l’économie de la Mésopotamie en imposant des sanctions (nourriture contre pétrole), contribué à la mort de centaines de milliers d’enfants, démantelé l’armée irakienne dix ans plus tard, tué autant d’Irakiens que possible et essayé de diviser le pays en mini-États affaiblis.

« Je suis désolé qu’on ait offert à Israël les hauteurs du Golan, qui est un territoire syrien, au lieu d’imposer un traité de paix avec la Syrie. Je ne comprends pas pourquoi aucun de mes prédécesseurs n’a forcé la création d’un État palestinien après l’acceptation, par les Palestiniens, de vivre côte à côte avec les Israéliens dans deux États. Nous avons fermé les yeux sur tous les meurtres commis par l’armée israélienne et les avons soutenus dans leurs exactions au nom du « droit à l’autodéfense ». Nous avons justifié toutes les guerres d’Israël, ses assassinats ciblés et ses invasions au lieu d’essayer de parvenir à un traité de paix qui aurait été à l’avantage de toutes les parties concernées. Nous avons donné Jérusalem à Israël sans nous soucier des droits des Palestiniens, car nous étions convaincus que les pays du Golfe abandonneraient leur cause. Le lobby israélien à Washington est trop fort pour être ignoré et les présidents voulaient être réélus.

« Je ne sais pas quoi dire à propos de l’Afghanistan. Nous avons attaqué le pays, l’avons détruit et tué énormément de gens parce que notre armée est puissante et nous ne savons qu’en faire. Nous avons tenu les talibans responsables d’avoir donné refuge à al-Qaeda, cette même organisation que notre gouvernement avait créée et armée pour combattre les Soviétiques; celle-là même qui, des décennies plus tard et jusqu’à maintenant, nous avons soutenu en lui fournissant un entraînement et des armes pour qu’elle terrorise le peuple syrien et lutte contre son gouvernement légitime. L’administration précédente a serré la main aux talibans et a fait la paix avec eux après de nombreuses années de guerre inutile.  

Je sais que mon prédécesseur a humilié les dirigeants arabes et intimidé leurs rois pour leur soutirer de l’argent. Les présidents précédents les voyaient comme des dirigeants non élus, donc immunisés contre tout chantage exercé par les USA. Ils ne craignaient pas les coups d’État parce que dans ces royaumes, le pouvoir passe d’un membre de la famille à un autre. Mais cela ne nous donnait pas pour autant le droit d’intervenir et de leur demander de l’argent. Nous avons agi de la façon la plus abominable qui soit, sans égard aux principes de morale et d’éthique de l’Occident. 

« Je vais m’arrêter ici, sans quoi j’en aurais pour des jours entiers à parler de la façon dont nous avons rendu le monde moins sûr, favorisé une course aux armements avec la Russie, déployé des missiles en Europe et convaincu les Européens d’une menace russe inexistante. Nous avons essayé de stopper les importations de gaz naturel russe en obligeant l’Europe à trouver une alternative et en fermant le réservoir en Ukraine, tout en menaçant nos alliés européens qui ne suivaient pas notre politique, même si nous avons réalisé des profits mirobolants pour chaque sou investi dans la défense du vieux continent pendant la Deuxième Guerre mondiale. Je m’excuse aussi de nos tentatives de changement de régime au Venezuela et à bien d’autres endroits dans le monde pendant des décennies. 

« Je promets d’œuvrer en faveur de la paix, d’obliger Israël à renoncer à ses centaines de bombes nucléaires, de forcer les pays arabes à construire des écoles et des universités, à offrir des possibilités d’emploi, à se soucier du climat et de la Terre, et à ouvrir leurs frontières à tous ceux qui veulent améliorer leur vie et celle de leur famille, tout en mettant fin à l’animosité que nous avons alimentée en favorisant le sectarisme. Je promets de déployer l’armée des États-Unis d’Amérique contre tout pays du monde qui envahit ou déstabilise un autre pays. Quand les gens seront assez matures, ils réagiront et changeront de régime. Ce n’est pas aux USA de faire le travail pour eux. S’ils souffrent, cela fait partie du processus qui les amènera à réaliser ce qu’ils souhaitent dans la vie. 

« Enfin, je n’ai aucune honte à exprimer mes sentiments et à les partager à la face du monde. En tant qu’être humain, je me sens vulnérable, heureux, triste, joyeux et même parfois déprimé. Il n’y a rien de mal à se voir comme un homme et un être humain. J’interroge ma conscience chaque jour et agis en conséquence à l’avantage et pour le bien-être du monde, sans ajouter stupidement « Que Dieu protège l’Amérique et personne d’autre ». Je dis que Dieu protège le monde et guide mes pas pour m’éviter de causer la souffrance et la faim, parce que le monde est ma maison et la maison de chaque personne qui désire vivre en paix et dans la prospérité. »

Ce sont les mots prononcés aujourd’hui en direct à la télé par le nouveau président élu des USA à l’intention du monde, le jour de son élection. Je ne peux en croire mes oreilles. Tous autour de moi écoutaient, les larmes aux yeux. Les gens ont soudainement un nouvel espoir. 

Puis je me suis éveillé…

Entendrons-nous un jour un discours similaire à l’intention d’une nouvelle génération?

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