Al-Sadr brise la glace et jette des ponts, mais la formation du gouvernement est ardue

Par Elijah J. Magnier

Traduction : Daniel G.

Sayed Moqtada al-Sadr a fait un premier pas dans la bonne direction en tant que principal vainqueur des élections parlementaires irakiennes. Il a rendu visite au chef du groupe al-Fath, Hadi al-Amiri, dans sa maison à Bagdad, en présence d’autres dirigeants chiites dont certains acceptaient et d’autres n’acceptaient pas les résultats définitifs des élections parlementaires rendus publics par la Haute Commission électorale.

Cette brillante visite politico-sociale semble être une façon involontaire pour Moqtada d’entamer les négociations entre les blocs chiites, en vue de la formation d’un gouvernement dans l’année qui vient, alors que la pression due à la présence des forces US en Irak sera à la hausse, en raison de l’accord entre l’Irak et les USA qui prévoit en faire des forces « non combattantes » chargées de lutter contre le terrorisme et de former les forces de sécurité irakiennes. 

Les résultats définitifs publiés par la Haute Commission électorale n’ont pas changé grand-chose aux résultats initiaux, exception faite de cinq sièges. Pour ce qui est des principaux groupes chiites, ils ont confirmé la victoire d’al-Sadr qui a remporté 73 sièges. Viennent ensuite Nouri al-Maliki avec 33 sièges, Hadi al-Amiri avec 17 sièges et Faleh al-Fayyad avec 4 sièges, suivis des autres partis chiites ayant obtenu moins de sièges.

Le résultat des élections ne signifie pas qu’al-Sadr pourra former un gouvernement national excluant les autres groupes chiites. Les différents groupes kurdes (qui ne s’entendent toujours pas entre eux) et sunnites (qui souffrent d’un manque d’unité comme les chiites et les Kurdes) ne sont toujours pas parvenus à un accord avec les autres partis chiites.

Moqtada al-Sadr serait incapable d’obtenir la moitié des sièges du parlement plus un (165 sièges) sans l’appui d’autres partis chiites. Le sunnite Muhammad Al-Halbousi (37 sièges) et le Kurde Massoud Barzani (31 sièges) ne comptent pas assez de sièges pour fournir à Moqtada le nombre de députés requis pour choisir le premier ministre. De plus, tant les Kurdes que les sunnites veulent leur part du gâteau au sein du nouveau gouvernement, ce qui va à l’encontre de ce qu’al-Sadr espérait en appelant à un gouvernement national.

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